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29 avr 2012

Traumatisme

Rassurez-vous, le titre de ce carnet ne signifie nullement que Michelle ou moi avons été victime d’un accident quelconque. J’ai utilisé ce mot dans le sens psychologique du terme et qui fait allusion à l’ensemble des perturbations déclenchées chez un sujet par un choc émotionnel. Si j’avais été musicien, j’aurais sans doute choisi comme titre rumba du retour.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Vous avez sans doute en mémoire que la semaine dernière, j’évoquais les chocs climatique et financier associés au retour de notre périple d’hiver. Cette semaine, la turbulence s’est poursuivie sur fond de froid, que dis-je, de frette, de neige et de vent.

Après avoir passé le dernier week-end à Québec, une ville servant à entreposer l’hiver durant tout le printemps, nous sommes revenus en Montérégie, au camping qui nous servira de camp de base pour cet été.

Petit, très petit même, avec ses 23 emplacements, ce camping avait été frappé, l’automne dernier, par une sorte de vague de fond alors que plusieurs saisonniers avaient choisi de le déserter pour aller installer leurs pénates ailleurs. À notre arrivée ce printemps, les neuf caravanes ayant résisté au tsunami du déménagement donnaient au camping l’allure d’un village fantôme.

Il est vrai que nous n’étions que mercredi et que l’ouverture officielle de la saison n’était programmée qu’au 27 avril. Jusqu’à samedi, nous n’avons vu âme qui vive. Dans ce camping, on se sentait aussi seul qu’un veilleur de nuit dans un entrepôt désaffecté. Nous n’avions comme voisins qu’une vingtaine outardes s’étant arrêtées pour une halte d’un soir sur les berges de la Richelieu un peu à la façon de caravaniers dans un stationnement de Walmart. Très tôt le matin, après avoir refait leurs forces, elles reprenaient leur envol sans oublier de nous saluer.

Samedi, peu après midi, une camionnette traversa le camping, véritable événement en soi. Cela me rappela le temps où nous habitions le rang 8 de Chesterville. Sauf de rares exceptions, les seules voitures qui empruntaient régulièrement ce chemin étaient le camion qui ramassait le lait des fermes voisines, l’autobus scolaire et le postillon qui distribuait les factures.

Un peu plus tard, nos voisins immédiats, des gens courageux et habitués au froid, sont arrivés pour ouvrir la caravane qui les avait attendus tout l’hiver. Cette simple présence, combinée au soleil qui cherchait sans trop de succès à contrer le vent et la froidure, nous a quelque peu rassurés. Encore quelques jours à patienter et le terrain de camping allait sans doute se remettre à vivre.


Déjà. le week-end  prochain va amener notre première sortie officielle. Nous irons alors à Sherbrooke, participer à la Journée de sécurité routière qui, pour la première fois, se tiendra dans cette ville. Elle coïncidera, je crois, avec le rassemblement d’ouverture des membres de la FQCC de cette magnifique région. Qui sait, j’aurai peut-être la chance de croiser et de saluer quelques-uns d’entre vous.

Je vous l’annonce tout de suite, dimanche prochain, je pourrai vous livrer un premier rapport sur le succès de ce double événement.

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22 avr 2012

Un autre retour au pays

Ça y est, nous sommes de retour au Québec. Comme plusieurs qui ont récemment parcouru le trajet de la grande migration, deux transitions majeures, nous attendaient sitôt la frontière traversée. La première, que je qualifierais de géographique, fut de constater combien nos routes, surtout en milieu urbain, sont abîmées. À l’exception d’une centaine de kilomètres sur la I-81, au nord de Wilkes-Barre, PA et sur la I-88 en direction d’Albany, nous avions roulé presque tout l’hiver sur des routes pratiquement impeccables. Quel choc que l’accueil de nos routes !

La seconde transition fut plus du genre climatique. Fini la chaleur et le soleil. Le printemps québécois, malgré tous ses efforts pour expulser l’hiver n’avait pas encore réussi à faire la paix avec le thermomètre. De notre côté, il nous a fallu nous réhabituer au bruit de la fournaise au propane que nous avions oublié depuis plusieurs mois.

Tout comme la débâcle des rivières qui se libèrent de leur glace hivernale, le retour au bercail amène aussi un relâchement marqué des cordons de la bourse. Après tout long voyage, il devient essentiel de procéder à la révision et à l’entretien du véhicule récréatif et plusieurs accessoires et appareils. Laissez-moi vous dire à ce sujet que le vent n’a même pas besoin de souffler pour que les « bidous » s’envolent.

Mise au point, vidange d’huile, changement des filtres, inspection de la génératrice, de la boite de vitesse et du système de freinage et voilà qu’une dizaine de billets bruns viennent de prendre leur envol. Faire laver, désoxyder et cirer le VR et quatre ou cinq autres billets disparaissent. C’est au retour du périple d’hiver qu’une grosse autocaravane comme la nôtre nous rappelle le prix du confort. Ne voulant pas en demeurer en reste, le youyou réclame aussi un traitement similaire. Bref tout pour nous saigner.

Pour en rajouter, même le gouvernement se met de la partie et réclame sa quote-part. Intransigeant et gourmand, il exige, avant le 1er mai, de lui verser des droits d’immatriculation qu’il a fixé à 939,40 $ incluant moulte taxes et frais administratifs. Il a même le culot de nous obliger à débourser 3,15 $ pour avoir le privilège le payer. Voyons donc, que diriez-vous d’un commerçant qui dirait à son client « tu me dois tant, mais si tu me payes, j’ajoute un montant supplémentaire à ta facture » ? Tant qu’à y être, un beigne ou une enveloppe brune avec ça ?


Bref l’hiver est fini, du moins selon la prétention du calendrier. Puisque le périple que nous venons de terminer s’est limité à la seule Floride, notre kilométrage en autocaravane fut relativement modeste. Précisément 6 998 kilomètres pendant lesquels notre VR a bu 1 570 litres de carburant diesel. Il a donc consommé quelque 22,5 litres au 100 et, curieux hasard, chaque kilomètre parcouru nous est revenu à 22,5 cents. Somme toute, je trouve ces résultats très acceptables. Il faut dire que pour y arriver j’ai dû, tout au long du voyage, m’astreindre à conduire avec le régulateur de vitesse réglé aussi bas que 91 km/h.

Outre l’avantage d’une nette diminution de la consommation de carburant, j’ai aussi trouvé d’autres bénéfices à rouler ainsi. Primo, sauf de rares fois, je pouvais demeurer dans la voie de droite sans avoir à freiner puisque les autres voitures roulaient plus vite que moi. De plus, une telle vitesse engendre moins de stress et de fatigue tout en augmentant les coups d’oeil que l’on peut accorder au paysage qui défile.

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