2010-Horizon Lussier-leaderboard
voyages Fqcc

Archive pour la catégorie 'Entrées de carnet'

mai 20 2012

Errer ou non?

La semaine dernière, j’avais amorcé un sujet suite à la visite du Village royal, un parc luxueux pour autocaravane de classe A qui vend des emplacements en utilisant la formule condo. Touché par la beauté de l’emplacement et ses multiples possibilités, cela m’avait remué et amené à me questionner sur mon genre de caravaning.

Bien sûr, certains ont saisi la balle au bond pour y se lancer dans un conflit de classes sociales. Qu’à cela ne tienne, pour moi « le vrai monde » se retrouve tout autant chez les fortunés que les gueux, il y  des «tarlas» dans les deux camps, mais ce n’est pas en méprisant ce que l’on n’est pas que l’on s’élève dans la qualité de notre humanité.

Bref, je crois que ce projet a trouvé un créneau qui répond véritablement à un besoin et je ne doute nullement de son succès. En quelques jours, au moins six personnes m’ont assuré qu’elles iraient visiter le parc et qu’elles envisageaient sérieusement d’y acheter un emplacement. Tant mieux pour eux!

Par contre, d’autres m’ont confirmé que ce parc ne répondait pas à leurs besoins, du moins pour le moment. Ces caravaniers, souvent nouveaux dans la vie nomade, sont tellement loin d’avoir étanché leur soif de découvertes qu’ils conçoivent mal le fait de se restreindre à un seul endroit. À mes débuts, il y a plus de quatorze ans, cette perspective ne m’aurait pas attiré non plus.

Pourtant, après avoir bourlingué un peu partout en Amérique du Nord, principalement l’hiver à cause de contingences climatiques et gouvernementales, il est un élément auquel tous ceux de ma race (celle des snowbirds) sont confrontés. On peut le désigner par des mots comme racines, famille, amis, communauté. Chaque fois, il nous ramène à une réalité à laquelle on ne peut échapper, un besoin fondamental : celui de se retrouver périodiquement parmi les siens. Je l’ai souvent écrit, autant, quand l’automne arrive, il me tarde de partir, autant, au printemps, je reviens au pays avec la fougue d’un cheval qui anticipe l’écurie.

Les retrouvailles ont cependant pour effet de nous amener à restreindre quelque peu notre mobilité estivale. Visiter les enfants, les parents, les amis remplit facilement plusieurs pages de l’agenda. Ajoutez à cela les impôts, la visite médicale annuelle et celle du dentiste, l’entretien du VR… bref, l’été s’achève avant qu’on ait eu le temps de s’en rendre compte.

Dans ces conditions, il est facile de comprendre pourquoi plusieurs grands nomades d’hiver se transforment en campeurs saisonniers lorsqu’ils reviennent au Québec. Pouvoir dire à ses relations que l’on a un camp de base fixe contribue grandement à leur donner le goût de nous visiter. À l’inverse, conserver ses habitudes de nomades fait que les proches doivent d’abord s’enquérir de l’endroit où l’on est et de celui où l’on sera dans les prochains jours avant de décider s’ils nous rendront visite ou non. Force est de reconnaître que c’est plus compliqué ainsi.

Depuis quelques années, Michelle et moi avons choisi l’option du camp de base, ce qui ne nous empêche nullement de faire autant d’escapades qu’on le désire. Cependant, nos proches savent que nous passons beaucoup de temps au même terrain de camping et cela contribue grandement à la qualité de notre vie sociale et familiale.

Dans le fond, comme un travailleur cesse de travailler durant ses vacances annuelles et monte à bord de son véhicule récréatif pour voyager, pour les nomades que nous sommes, des vacances, c’est d’arrêter d’errer. Il faut de tout pour faire un vrai monde.

4 commentaires

mai 13 2012

Village Royal

Cette semaine, j’aborde un sujet-réflexion qui risque de s’étaler sur un minimum de deux carnets. Il s’inspire d’une tendance émergente que l’on peut observer chez nos voisins du sud, mais qui est en voie de s’installer chez nous. J’ai nommé les campings où le caravanier achète un lot en copropriété.

En ce moment, j’écris mon carnet de Saint-Anicet, alors que nous sommes au beau milieu de la nuit (une mauvaise habitude commencée la semaine dernière, mais que j’espère être capable de corriger dans les plus brefs délais). Pourtant, jusqu’à vendredi dernier, dans mon esprit, Saint-Anicet se résumait à un nom de village, sans plus.

Je savais qu’il se situait dans l’extrême sud-ouest du Québec, presque à la frontière de l’Ontario et de l’État de New York, sur le bord de la voie maritime du Saint-Laurent que l’on nomme ici Lac Saint-François. Là s’arrêtaient mes connaissances géographiques de ce magnifique coin de mon pays.

Or, au même titre que le Géant du motorisé a fait connaître au monde des caravaniers le village de Saint-Ambroise, au nord-est de Chicoutimi, un avocat et promoteur immobilier, Alain Pageau, sa femme Lucie et son fils Maxime tentent de répéter le même exploit à Saint-Anicet. Pour ce faire, ils misent sur la construction d’un parc pour véhicules récréatifs de classe A de haut de gamme jouxté à un édifice comportant un peu moins de 50 condos avec salle de spectacle et restaurants. Le projet est on ne peut plus ambitieux.

La semaine dernière, j’ai donc été invité à venir visiter les lieux où l’aventure débutera. Lorsque j’en ai parlé à Michelle, sa première réaction fut de me dire candidement : « J’espère que je n’aurai pas un coup de foudre ». Elle se connaît la Mimi, en fait, elle nous connait bien.

Les Pageau ont acquis, il y a moins de deux ans un vaste domaine d’environ 130 hectares (±14 millions de pieds carrés) sur lesquels était érigé un ancien juvénat de la communauté des frères du Sacré-Coeur. Cette immense propriété donne directement sur le lac Saint-François.

Si la beauté des lieux a immédiatement séduit M. Pageau père, celui-ci mit à profit sa formation de juriste pour attaquer de front les innombrables obstacles administratifs pouvant entraver la réalisation de son rêve. S’engagea alors une ronde de tractations avec tous les partenaires concernés de près ou de loin : municipalité, des ministères du Québec, la Commission de protection du territoire agricole, le gouvernement fédéral, l’administration de la voie maritime du Saint-Laurent…

Pour les Pageau, il était essentiel d’aplanir les obstacles et d’obtenir tous les permis requis avant même qu’une pelletée de terre soit levée. Maintenant que toutes ces formalités sont réglées, le projet peut entrer dans une autre phase, celle de la vente des emplacements.

Comme cela se fait pour les grands projets immobiliers, les acheteurs potentiels peuvent venir au bureau de vente érigé sur les lieux et voir les maquettes, tableaux, plans d’aménagement des différents condos  offerts. Dans les prochains jours, un emplacement témoin sera complété, sur lequel une autocaravane de classe A sera stationnée dans son environnement réel, sur dalle de béton avec tous les services : eau, égout, câble pour la télé, internet, entrée électrique minimale de 100 ampères, immense cabanon et même un spa extérieur en option. Un luxe et un confort qui n’aura rien à envier aux plus grands « resorts » étatsuniens.

Les propriétaires friands de navigation de plaisance pourront aussi acheter un emplacement au quai d’une marina donnant sur la voie maritime. Juste à côté, une section permettra d’amarrer le bateau des personnes venant visiter leurs amis.

Profitant du climat le plus doux du Québec, chaque emplacement du Village Royal disposera de services sanitaires accessibles en tout temps, ce qui plaira certainement aux caravaniers à plein temps qui aimeraient bien fêter la Noël avec les leurs et partir pour le Sud longtemps après les outardes.

N’allez surtout pas imaginer que je cherche à vous faire un « pitch de vente », loin de là. Comme plusieurs, Michelle et moi nous interrogeons constamment sur l’endroit où il ferait bon d’arrêter le moteur de notre VR et sur le style d’établissement nous servant de camp de base. En ce sens, la visite de ce week-end ne fait qu’aviver les questions que l’on se pose.

Comme vous le constatez, il y a là beaucoup de matière à réflexion, ce que je vais continuer avec vous la semaine prochaine. D’ici là, pourquoi ne pas partager votre propre opinion sur le sujet ?

8 commentaires

Suiv. »