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Archive pour février 5th, 2012

fév 05 2012

Aztec, prise 2


Le moins que l’on puisse dire, c’est que mon carnet de dimanche dernier a engendré une polémique à laquelle j’étais loin de m’attendre. Le point qui en a fait réagir plusieurs concernait la limitation de l’entrée du Aztec RV Resort aux seules autocaravanes de classe A.

Dans mon écrit, je rapportais les paroles des promoteurs affirmant que cette règle avait été imposée par la municipalité de Margate. Selon Jean-Guy Sylvain, actionnaire principal, le plan initial de développement de l’Aztez RV Resort prévoyait différentes sections, dont certaines, pour les caravanes à sellette ou traditionnelles. Un plan que la ville refusa d’entériner.

Après de longues tractations, Margate accepta finalement de modifier son règlement de zonage pour autoriser la construction demandée par les promoteurs. À la toute fin des tractations, les développeurs québécois n’eurent comme choix que d’accepter le compromis de réserver le parc aux seules autocaravanes de classe A et conversions.

Depuis le temps que je voyage aux États-Unis, j’en ai vu des règlements de toutes sortes, certains justifiés et d’autres, moins logiques, pour ne pas dire carrément farfelus. Les Étatsuniens sont chez eux et agissent comme ils le veulent bien. Ceux qui ne sont pas d’accord avec leur façon de penser et d’agir n’ont qu’à passer leur chemin et aller ailleurs. Contrairement à chez nous, au pays de l’oncle Sam, ce sont les étrangers qui doivent se plier à des accommodements, qu’ils soient raisonnables ou non.

Dans mon texte, je soulignais aussi l’argument m’ayant été rapporté selon lequel, aux yeux de la ville, une autocaravane de classe A présentait, en cas d’alerte à l’ouragan, l’avantage de pouvoir plus facilement quitter le parc. Évidemment, comme vous aussi, je trouvais que les élus municipaux manquaient de discernement en affirmant que les autocaravanes de classe B ou C étaient moins « mobiles » que les A. Comme nos voisins, les Québécois savent qu’un véhicule moteur peut se déplacer facilement, mais nous, en plus, sommes persuadés que les plus petits sont beaucoup plus facile à manoeuvrer que les mastodontes de classe A. Curieusement, c’est principalement ce dernier point qui a mis le feu aux poudres. Tant mon blogue que le forum de la FQCC s’enflammèrent, un feu qui dura toute la semaine. On m’accusa d’avoir fait preuve de naïveté, de manque d’intelligence de sens critique ou de discernement. D’autres poussèrent l’audace jusqu’à prétendre que j’avais sciemment voulu induire mes lecteurs en erreur. Le dictionnaire définit le mot fallacieux cité dans un commentaire comme suit: « destiné à induire en erreur, à égarer; perfide, spécieux ».

La virulence de certains propos me rappela un trait typique de notre personnalité québécoise. Chez nous, il est facile de s’extasier devant les personnes d’ailleurs ayant réalisé des choses extraordinaires ou connu de grands succès. Par contre, on est beaucoup plus critique devant les initiatives réalisées par des gens de chez nous.

Dans notre mentalité, il est facile d’accepter qu’aux États-Unis, des parcs de camping soient réservés à un type précis de véhicules récréatifs, car les propriétaires ont le droit le plus strict de définir à leur façon un projet qui leur appartient. Cependant, si le projet est initié par des Québécois, alors on part en guerre en refusant de les croire lorsqu’ils affirment avoir dû se plier aux contraintes d’une règlementation municipale.

Après des siècles de colonisation, sommes-nous restés si petits pour renier les nôtres alors que l’on pardonne plus facilement aux étrangers ? Voir de nos compatriotes réussir lorsque notre vie demeure ordinaire nous est-il insupportable au point qu’il faille leur cracher dessus et les traiter de menteurs. Si cela est le cas, notre communauté a grandement besoin d’une psychothérapie collective majeure. Cela n’est pas sans me rappeler un ancien proverbe romain se disant comme suit: « Lorsque deux esclaves se parlent, c’est souvent pour dire du mal de la liberté ».

Cette fameuse exigence était elle vraiment imputable à la ville de Margate ou n’était elle qu’un prétexte snobinard imaginé par les promoteurs pour exclure des VR jugés de plus basse classe ? Pour en avoir le coeur net, je me suis adressé directement et personnellement à l’administration municipale de Margate. Deux jours plus tard, je recevais une réponse officielle du directeur du développement économique de la ville, Benjamin J. Ziskal, AICP, dans lequel il corroborait de façon explicite que la ville avait imposé cette exigence durant la négociation.

En fait, le règlement de zonage avait été amendé à condition que le parc soit réservé aux caravanes de classe A, que celles-ci aient une longueur minimale de 26 pieds et qu’elles aient au plus quinze ans d’âge. (Je crois me rappeler de gérants d’estrade affirmant avec certitude et conviction que 10 ans était la limite imposée aux VR pour entrer à l’Aztec)

Le courriel précisait également que ces exigences avaient contribué à l’acceptation du projet lors des audiences publiques. La missive se terminait d’ailleurs par cette phrase que je vous rapporte dans sa langue d’origine: These restrictions are considered to be a condition of the approval granted for this park, and therefore must be adhered to.

Difficile d’être plus clair.


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