Archive pour septembre, 2010

sept 26 2010

Peu d’avenir pour les dinosaures

Maintenant que la saison québécoise de camping tire à sa fin, j’aimerais brièvement revenir sur la polémique survenue à la mi-juillet relativement aux arrêts dans les Walmart. Depuis, les caméras se sont éteintes et les micros fermés. Les esprits s’étant un peu calmés, il devient possible d’analyser cette tempête d’une façon dépouillée de tout caractère émotif et sensationnaliste.

Il faut bien le dire, en juillet, les nouvelles importantes se font rares. Durant cette période de sécheresse, rien ne vaut un événement à saveur de scandale. Que demander de mieux que de casser du sucre sur les vilains caravaniers qui osent s’arrêter, l’espace d’une nuit, ailleurs que sur un terrain de camping. Imaginez tous ces riches qui, se promenant dans des véhicules récréatifs luxueux et inabordables, sont tellement pingres qu’ils rechignent à débourser quelques dollars pour encourager l’industrie du camping.

Posé de façon aussi simpliste et démagogique, le débat a de quoi enflammer les passions et les frustrations d’envie de ceux qui ne peuvent se permettre un VR aussi imposant. Et cela fait la nouvelle durant une ou deux semaines. Chaque média ajoute sa buche au feu pour le rendre plus intense, au grand dam des caravaniers et au plaisir des exploitants des campings ayant parti le bal.

Ce week-end, je participe au rassemblement des propriétaires d’un véhicule Safari Condo, au camping de Compton. Puis-je vous dire qu’aucun Walmart voisin ne saurait me séduire plus que le camping où se tient ce rassemblement. De toute évidence, le propriétaire, Aimé Mélix, sait y faire pour combler sa clientèle. Ainsi, chaque vendredi, il se fait un devoir d’être présent à l’entrée pour souhaiter personnellement la bienvenue à tous ceux qui viennent le visiter.

Des emplacements bien disposés avec de beaux arbres, des sanitaires d’une propreté exemplaire et bien équipés, un signal wi-fi de qualité et gratuit, bref, tout pour répondre aux besoins des caravaniers. Ce camping n’a absolument rien en commun avec certains champs que l’on nous présente comme des campings où il est difficile, voire impossible de placer son VR de niveau et qui, à la moindre pluie, se transforment en un bourbier où l’on enfonce jusqu’aux essieux.

Ici, la gentillesse du proprio et de son personnel contraste avec ce que j’ai pu observer ailleurs où la bataille anti arrêts chez Walmart faisait rage. Visiblement dépassé par les événements qu’ils avaient déclenchés, j’ai vu cet été, des proprios de campings littéralement engueuler des caravaniers tellement ils avaient de la difficulté à gérer la pression médiatique.

Quelle est donc la raison expliquant pourquoi des campings, dans une région touristique aussi populaire en période estivale que la Gaspésie, affichaient un taux d’occupation beaucoup moindre que le Walmart voisin ? Serait-ce parce que le rapport qualité-prix de ces campings est si faible qu’il ne supporte pas la concurrence d’un stationnement de Walmart ?

Au Québec, plusieurs campings se sont établis sur le territoire alors que les autocaravanes n’existaient même pas. Ce qui était convenable et acceptable pour le camping sous la tente, quelques tentes-caravanes ou petites roulottes il y a quarante ans n’a plus aucune mesure avec les besoins des caravaniers modernes. À l’opposé, les campings s’étant adaptés au changement et répondant aux attentes des caravaniers d’aujourd’hui ne semblent pas vraiment se préoccuper du phénomène Walmart ou des autres formes du « boondocking ».

Comme dans toute l’histoire de ce monde où nous vivons, la loi de l’évolution est immuable. Seuls survivent ceux qui s’adaptent au changement… et les dinosaures ont disparu.

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sept 19 2010

Une étoile montante

Votre fidélité à mon blogue mérite bien quelques privilèges, comme, par exemple, avoir droit à des primeurs avant les autres lecteurs de Camping Caravaning. De toute façon, la version qui sera publiée dans le magazine sera plus détaillée que ce carnet.

Vendredi après-midi, nous avons rapporté la caravane Earthbound mise à notre disposition par Roulottes A. S. Lévesque après un essai de plus de quatre jours. Nous avions remorqué ce VR affichant une longueur de 9 mètres (29 pieds 6 pouces) avec une camionnette Silverado Z-71 à quatre portières et caisse courte. Elle était dotée d’un moteur Vortec de 5,3 litres, d’une boite automatique. Quant au rapport de pont, je dirais qu’il était tout au plus de 3,73:1, une donnée qu’il me faudra toutefois vérifier avant de publier mon article.

Bien que la compagnie Earthbound soit un nouveau joueur dans le monde des véhicules récréatifs, si l’on se fie à la qualité de ses produits, elle semble promise à un bel avenir. Rassurez-vous, même si elle existe depuis peu, cette firme dispose déjà d’une technologie d’avant garde en matière de construction de VR.

Il y a environ cinq ans, une autre compagnie, Pilgrim International, avait mis au point une nouvelle technologie pour construire les murs et cloisons de véhicules récréatifs. Celle-ci permettait d’éliminer l’utilisation du bois qui depuis des années constituait l’ossature de plusieurs caravanes. En faisant appel à des matériaux composites, Pilgrim International pouvait ainsi fabriquer des murs solides, très légers et surtout, réfractaires à l’humidité, l’ennemi numéro un des constructeurs de VR.

Malheureusement, la récession économique emporta Pilgrim International dans son remous de faillites et il s’en fallut de peu pour que cette innovation disparaisse elle aussi. C’est à ce moment que Earthbound entra en jeu. Après avoir acquis les droits sur la technologie créée par Pilgrim International, elle prit la relève malgré les conditions économiques très difficiles.

Les débuts furent plus que difficiles. À plusieurs reprises, les banques menacèrent de mettre la clé dans la porte. Lentement, après des mois de recherche et de développement, d’esquisses, de dessins et de plans, des caravanes prirent forme. Au début, chaque unité était fabriquée de façon presque artisanale. Disposer d’une chaîne de production tenait encore du rêve pour la jeune compagnie. Fabriquées en quantité très limitée et livrées au compte-goutte, les caravanes, même avec leur allure ultra-moderne, obtenaient une très faible visibilité. Malgré l’enthousiasme qu’elles soulevaient, leur notoriété était diamétralement opposée à celle des saucisses Hygrade.

Fait étrange pour une compagnie de l’Indiana, c’est ici même et plus précisément au salon des VR de Québec que le premier prototype à sortir de l’usine fut présenté au public des caravaniers. Cela fut possible grâce à l’acharnement de André Lévesque, figure bien connue dans la vente de véhicules récréatifs. Lui-même actionnaire de Earthbound, son insistance et sa persévérance firent en sorte que la première caravane Earthbound connut son premier salon chez nous. C’était il y a deux ans.

Malgré son statut de prototype et les défauts inhérents à tout premier véhicule, cette Earthbound attira beaucoup l’attention.

Notre essai de la semaine dernière nous a permis de constater que le succès d’estime dont avait joui la Earthbound à Québec devrait se transformer en succès commercial. Un design recherché et ultra-moderne, associé à une habitabilité orientée vers les besoins réels des caravaniers — comprendre ici beaucoup de rangement, de grands comptoirs pour préparer les repas, des appareils à la fine pointe de la technologie, un grand lit très confortable — ainsi que l’utilisation de matériaux et d’accessoires innovateurs et de grande qualité devraient lui conférer une place intéressante dans le marché du VR.

Pour obtenir plus de détails et en apprendre plus sur cette caravane, vous devrez toutefois attendre au printemps prochain pour lire le compte rendu complet de l’essai. D’ici là , si la patience vous fait défaut, vous avez toujours la possibilité d’aller visiter les trois ou quatre modèles en montre chez A. S. Lévesque, à Sainte-Hélène-de Bagot.

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