août 01 2010
Gros ou petit, gros dilemme!
Récemment, une lectrice me soulignait que, dans une discussion avec son mari, ils s’étaient demandé si opter pour un véhicule récréatif plus petit était à contre tendance. La question mérite que l’on s’y attarde.
Plusieurs d’entre vous le savent, après avoir connu de gros VR, Michelle et moi avons préféré, il y a déjà plusieurs années, voyager dans des véhicules plus petits. De la caravane à sellette avec trois rallonges escamotables, à la caravane portée, au Safari Condo Savana ou à une caravane Alto, ce printemps notre choix s’est porté sur un véhicule récréatif de classe B construit sur une plateforme Sprinter. Nous en avons habités des VR depuis le début de notre vie de nomades et encore plus en 44 ans de camping, sans compter les grosses autocaravanes dont j’ai fait l’essai pour le magazine.
La dynamique habituelle d’un caravanier est souvent de grossir de véhicule chaque fois qu’il en acquiert un nouveau. Un tel comportement s’explique facilement de la façon suivante.
Habituelleemnt, les premières expériences en camping se font alors que l’on est jeune. Nombreux sont ceux ayant débuté leur carrière de campeur sous la tente. Rapidement, alors que la famille grandit, le besoin d’un peu plus de confort s’impose, conduisant à la tente-caravane ou à la petite caravane. Ces achats peu dispendieux conviennent bien au budget limité d’une famille en croissance. Au fur et à mesure que la situation financière devient plus stable et prospère, l’envie d’un véhicule plus gros devient de plus en plus forte, attirés que nous sommes par le luxe, l’habitabilité, les équipements et le grand confort de tels VR.
Puis, avec le temps, certains d’entre nous deviennent nomades à temps complet. Les caravaniers que je qualifie de semi-nomades (j’entends par là ceux qui passent plusieurs mois sur un même camping au Québec l’été et l’hiver sur un autre aux États-Unis ou au Mexique) sont particulièrement attirés par les gros VR. Leur intérêt est logique, puisque ces véhicules présentent des qualités résidentielles évidentes répondant à leur besoin premier.
Cependant, une bonne portion de nomades véritables, ceux qui voyagent beaucoup à longueur d’année, réalisent à un moment ou l’autre qu’habiter un gros véhicule comporte son lot d’inconvénients. Il est vrai qu’aux plans de la mobilité et de la conduite, un gros véhicule n’offre pas la même agilité et réussit plus difficilement à se faufiler dans la circulation des villes.
J’en connais qui s’obligent à ne rouler que sur les grandes routes, trouvant trop hasardeuses certaines routes plus étroites. Ce faisant, ils se privent de belles découvertes. Que de fois également des questions, témoignant d’une certaine inquiétude, me sont adressées relativement à la hauteur des tunnels, des routes en altitude et des virages en épingle !
Voilà où un petit véhicule se démarque. Agilité, polyvalence et dimensions extérieures restreintes représentent ses points forts. Bien sûr, un VR de faible grosseur impose plusieurs compromis. Moins adapté aux séjours prolongés qu’une grosse autocaravane, il attire particulièrement les voyageurs ne passant guère plus de quelques jours au même endroit.
À cause de son habitabilité restreinte, un petit véhicule récréatif oblige ses occupants à passer une plus grande partie de leur temps à l’extérieur, une forme de compensation fort agréable d’ailleurs. En contrepartie, ils doivent effectuer un tri minutieux et limiter au minimum les bagages à emporter en voyage. De plus, les jours de pluie, se retrouver confiné dans un intérieur aussi petit peut devenir monotone et même déprimant.
Comme on peut le constater, opter pour un gros véhicule récréatif ou en choisir un plus petit est une décision propre à chacun, en fonction de ses préférences, de ses besoins et de son style de vie.
Pour Michelle et moi, la décision de vivre dans un Sprinter de 6,7 mètres (22 pieds) nous convient parfaitement. Toujours prêts à partir dans une direction ou l’autre, en ville, à la campagne ou au fond des bois, point besoin de nous livrer à une savante analyse de la faisabilité de l’aventure. Un tour de clé et nous voilà partis.
Pourtant, je l’avoue, chaque fois que je vois une de ces très grosses autocaravanes, l’espace d’un instant, je me surprends à rêver au confort ultime qu’elles procurent, à tout ce que je pourrais emporter dans leurs immenses soutes. Cette tentation ne dure souvent qu’un instant, le temps qu’une petite route de travers m’invite à découvrir ses trésors.
Suis-je le seul à voir les choses ainsi ? À vous de répondre.




