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Archive pour juillet, 2010

juil 11 2010

À chaque jour suffit sa peine

Quelques mots en ouverture sur mes mésaventures téléphoniques. Rien de bien neuf cependant. Après plusieurs appels à mon fournisseur, j’ai finalement appris que le service de la facturation n’avait toujours pas accès à mon relevé mensuel. Difficile de discuter avec eux dans ces conditions.

Jeudi, une gentille préposée, partagée entre une certaine sympathie envers ma situation et une incompréhension qui la mettait mal à l’aise, a réussi à trouver que mon cas était rendu au service des enquêtes concernant les grands utilisateurs (« high volume users »). Cherchant à m’aider, elle m’annonce qu’elle va me mettre directement en contact prioritaire avec ce service. Après l’avoir remercié et quelques autres minutes d’attente, j’aboutis à une boite vocale m’annonçant qu’aucune personne n’était disponible. On me demande de bien vouloir laisser un message et l’on communiquerait avec moi dans les 24 prochaines heures. Il était alors 14 h 30.

Vers 17 h, un message texte tombe sur mon écran. On me somme de rappeler le service des enquêtes en m’indiquant un numéro sans frais. Je m’exécute dans les secondes qui suivent, mais je tombe à nouveau sur la même boite vocale ou j’avais précédemment laissé un message. Je raccroche sans un mot, me faisant comme remarque que s’ils voulaient me rejoindre, ils connaissaient mon numéro. Nous sommes dimanche matin, il est 0 h 23 et toujours pas de nouvelles. Encore une fois, cette saga n’aura pas connu son dénouement, même après 14 jours d’attente.


J’arrive des feux d’artifice de Montréal. Ce soir, une présentation spéciale en l’honneur de notre Céline nationale. Quel rapport avec le caravaning, direz-vous ? Il y en a un et le voici.

Nous étions invités au condo de nos amis d’enfance, au 13e étage de l’Estuaire III, juste en face des feux. Même pas besoin de lever la tête, les bombes et autres pétards éclataient directement à la hauteur de nos yeux.

Les feux terminés, la circulation se remit péniblement en marche. Des centaines d’automobilistes, stationnés sur le bord du fleuve et d’autres sur le stationnement de La Ronde n’avaient qu’une envie, rentrer chez eux le plus vide possible. Après une heure, des dizaines de voitures à la queue leu leu attendaient encore pour quitter les lieux.

Pourtant, stationnés en rang d’oignons, le pare-brise orienté vers le fleuve, des dizaines de VR, pour la plupart des autocaravanes, ne semblaient nullement pressés de partir, bien au contraire. Le spectacle terminé, ils comptaient bien demeurer sur place jusqu’à demain matin, moment où le calme sera revenu.

Cette situation m’a fait, une fois de plus, prendre conscience  des possibilités variées que le caravaning met à notre disposition. Confortablement assis dans leur VR ou en train de se préparer à aller dormir, ces caravaniers n’avaient que faire de cette heure de pointe tardive et de la circulation chaotique qui régnait dans le stationnement. Pour quelques dollars, ils avaient acquis le droit d’assister aux feux et de passer la nuit sur place. Quel plaisir de pouvoir agir ainsi !

Demain matin, après une bonne nuit de sommeil, ils se feront un café et un petit déjeuner qu’ils prendront sur le bord de la piste cyclable longeant le fleuve. Par la suite, ils auront à décider s’ils vont faire une balade à vélo ou une marche avant de reprendre la route vers leur domicile. Voilà qui s’appelle profiter de la vie !

Pas de réponse

juil 06 2010

Carpe Diem

Aujourd’hui, lundi, je n’ai toujours pas réussi à trouver une solution à la facture astronomique pour l’utilisation de mon cellulaire en mode donnée alors que j’étais aux États-Unis. Il semblerait que ma compagnie de téléphone ne puisse encore accéder à la facture réelle qui doit m’être transmise dans les prochains jours. J’ai cependant pu apprendre que c’est durant la soirée du 26 juin que le téléchargement inopportun se serait produit.

Selon eux, j’aurais téléchargé des données pour plus de 2 700 $ d’une seule traite. Un mystère qui commence drôlement à m’agacer. À la compagnie de téléphone, on m’a fait comme réponse que je devrais avoir plus de détails d’ici le prochain week-end. Je me vois donc obligé de me joindre à votre groupe de personnes patientes.

Pour compenser, je vais encore une fois m’attarder à une question qui vient tout juste d’être adressée sur mon blogue par Campignol (un très beau pseudonyme en passant).

Ce lecteur pose une simple question déclinée en trois volets: « depuis combien de temps êtes-vous des nomades ?  est-ce qu’une période d’adaptation est requise et croyez-vous encore l’être encore longtemps ? »

Officiellement, nous sommes nomades depuis le 25 octobre 1997. Ce jour-là, nous recevions une caravane à sellette qui nous était livrée au Camping Alouette, en Montérégie. Comme à l’époque je travaillais encore à plein temps, nous avions choisi ce camping parce qu’il était ouvert à l’année et que nous comptions y passer l’hiver. Cela se passait deux mois et demi avant la grande noirceur conséquente au verglas du 4 janvier 2008. Dix-huit jours durant, nous fûmes privés de l’énergie d’Hydro-Québec. Cinq autres caravaniers étaient sur le terrain et subissaient le même sort. À force de débrouillardise, nous avons mis en commun les génératrices disponibles et avons survécu sans trop de problèmes. Ce fut donc un apprentissage à la dure, mais qui, en même temps, nous a fait connaître la grande solidarité pouvant unir les caravaniers.

Le second volet de la question porte, à mon avis, sur les écueils qui guettent ceux qui décident de s’aventurer dans la vie de nomade. Ces risques peuvent être minimisés en respectant trois conditions importantes. Premièrement, il ne faut pas qu’un tel projet soit celui d’une seule personne, du moins lorsque l’on vit en couple. Il est fondamental que ce projet soit partagé à parts égales par les personnes en cause. S’il s’agit du projet d’un seul des deux et que l’autre s’y rallie sans trop de conviction, il sera très difficile de le mener à terme.

La seconde condition comprend deux éléments. Les personnes qui s’engagent dans ce processus doivent d’abord, individuellement, bien se connaître et être conscientes de leurs besoins et attentes respectives. L’autre élément touche à la planification du processus. Dans notre cas, nous avons mis près de trois ans à analyser, à soupeser, à discuter, à cueillir de l’information tant sur les types de véhicules que sur la gestion du quotidien. Bien préparée, la vie de nomade peut durer longtemps. Nous avons des amis qui possèdent ce statut depuis aussi longtemps que nous. D’autres ont accroché leurs clés de caravanes depuis longtemps. Ainsi va la vie!

Le dernier volet de la question touche le futur. Bien sot, celui qui pense le connaître avec exactitude. Tout au plus pouvons-nous énoncer des intentions. Ainsi, il y quatre ans, Michelle éprouva le désir de retrouver un statut plus sédentaire. Nous avons donc acheté un condominium. Quelques mois plus tard, malgré le confort d’un condo tout neuf, elle se rendit compte que notre vie d’itinérance commençait à lui manquer. J’en  fus très heureux, tellement que je lui répondis, à la blague, « Mimi, signe en bas de la page ».

Le mois suivant, nous mettions le condo en vente et nous repartions pour la vie de bohème. Même si se stationner avait été son idée, je savais qu’il fallait m’en accommoder. Étatn d’un naturel très adaptatif, cela s’avérait fort utile. De toute façon, je n’aurais pu concevoir partir sans elle. Souvenez-vous de la première condition énoncée plus haut: un projet partagé avec autant d’intensité par les deux nomades.

Combien de temps durera notre folie, je l’ignore. Chaque année, nous nous accordons le droit de revoir notre décision. La prochaine remise en question aura lieu l’été prochain, d’ici là, vogue la galère.

Une chose est cependant certaine. Même si nous retournons à un mode de vie moins turbulent, nous comptons bien continuer à faire du caravaning et ce, le plus longtemps possible.

Mais, comme on ne sait jamais ce que la vie nous réserve au détour du chemin, je ne peux me risquer à faire une projection à long terme. Comme le disait si bien Pierre de Ronsard, il y a plus de 700 ans, « Carpe diem » ou, si vous préférez « Profite de l’instant qui passe ».

À dimanche matin!

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