Horizon Lussier

Archive pour juillet, 2010

juil 25 2010

Séjour inoubliable

Cette semaine, nous l’avons passé dans le Bas-Saint-Laurent, plus précisément à Sainte-Luce-sur-mer. Le camping où nous nous étions installés porte un nom lié à la chaleur de l’été: La Luciole.

Petit, il ne comprend qu’une soixantaine d’emplacements répartis ça et là, d’une façon disparate entre buissons est arbres. Bref, on se croirait sur un terrain privé appartenant à un ami ou à un membre de la famille. N’était-ce de la présence d’autres véhicules récréatifs, la méprise serait inévitable.

J’aime beaucoup à me retrouver dans de tels campings. Ils possèdent un cachet que je qualifierais d’artisanal, de fait à la main. Rien à voir avec les campings-villages où, à longueur de journée, des haut-parleurs toussent sous la poussière soulevée par la circulation de camionnettes et de voiturettes de golf. Comparée à eux, La Luciole respire le calme et le ressourcement. Même les caravaniers qui s’y arrêtent subissent son influence et adoptent tout naturellement une attitude feutrée et respectueuse de leurs voisins.

La propriétaire, que je connais depuis des années, fait preuve d’une énergie aussi chaleureuse que communicative. Pour elle, tout caravanier qui s’arrête à son camping est une personne, bien avant d’être un client. Sélective, elle fait preuve d’un grand discernement dans le choix de sa clientèle.

Sitôt après leur enregistrement, elle se fait un devoir, pardon, un plaisir d’accompagner ses invités à leur emplacement. Vous ai-je dit qu’elle se nomme Marguerite de Champlain ? Non ? Bon, maintenant vous le savez. Porter un nom aussi illustre suppose une attitude et un comportement remplis de distinction auxquels Marguerite fait honneur. À la voir gambader à longueur de journée, saluer ses invités, répondre à leurs demandes et besoins, il est difficile d’imaginer que cette femme a plus de soixante-dix ans.

Notre séjour devait se terminer vendredi matin. Notre groupe était réparti dans trois VR différents. La veille du jour prévu pour notre départ, un bris mécanique sur une camionnette vint compliquer la situation. Il fallait la remorquer au garage, ce qui ne pouvait se réaliser avant vendredi matin. Trouver un atelier mécanique en pleine période de vacances tenait du défi. Les pièces requises seraient-elles disponibles rapidement ? Combien de temps durerait la réparation ? Autant de questions qui impliquaient que nous ne pourrions respecter notre horaire. Sans camionnette, impossible de déplacer la caravane à sellette.

Devant notre déconfiture, Marguerite se fit rassurante. Sur un ton maternel ou plutôt grand-maternel, elle déclara qu’il n’était pas question de nous mettre à la porte. Elle allait trouver une solution, quitte à jumeler deux VR sur un même emplacement. Voilà qui s’appelle un service à la clientèle de très grande qualité.


Il aura suffi d’un seul coup de fil au SUR (service d’urgence routière) inclus dans notre assurance avec Aviva pour que la camionnette soit remorquée des Portes de l’enfer où les freins avaient lâché jusqu’à l’atelier de Auto Expert à Rimouski. Là, Bernard, un mécano expérimenté nous fit une estimation des coûts avec une précision témoignant de ses 25 années d’expérience. L’écart entre la facture et l’estimation ne fut que de 1 %. Lui aussi fit preuve d’une gentillesse et d’une compréhension qui nous fit nous demander si ces qualités n’étaient pas un trait commun aux gens de la région.

À 16 h, nous étions de retour à La Luciole pour profiter de notre dernière soirée dans le Bas-Saint-Laurent avant de reprendre le chemin du retour ce matin, frais, dispos et reconnaissants de l’accueil des gens d’ici.

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juil 18 2010

Élucubrations

Lorsque, cette semaine, j’ai reçu un appel du Canal Argent pour me solliciter mon opinion sur la tarification imposée par les parcs nationaux du Québec et du Canada, j’ai sauté sur l’occasion sans hésiter. Une nouvelle porte s’ouvrait pour faire valoir le point de vue des caravaniers qui font les frais de cette tarification.

Plusieurs d’entre vous ont lu le compte rendu de l’interview téléphonique que, dans un premier temps, j’ai accordé à l’animateur. Le jour suivant, jeudi matin, je recevais un nouvel appel de ce média, demandant si je pouvais me présenter en studio pour, cette fois-ci, préciser davantage ma pensée et échanger en direct avec l’animateur. Parait-il que l’on avait trouvé suffisamment intéressants mes propos de la veille pour m’inviter en ondes. Je me suis donc pointé aux studios, à l’heure dite.

Il y a toujours un côté quelque peu frustrant à participer à une émission de télé. Si elle est préenregistrée, elle est assujettie à un montage. Dans ce cas, il se produit fréquemment que des éléments de la discussion soient coupés, entrainant comme conséquence que vos propos s’en trouvent déformés.

Lorsque l’émission est télédiffusée en direct, la principale contrainte devient celle du temps. Bien sûr, il peut aussi se produire un dérapage, une hésitation ou un trou de mémoire, mais lorsque l’on connaît bien son sujet et que l’on a l’habitude des médias, une telle probabilité est plus rare. Par contre, le temps, ou plutôt le manque de temps causé par un horaire restreint peut devenir une véritable frustration. À peine commence-t-on à effleurer un sujet que l’entrevue doit se terminer dans les secondes qui viennent. Notre télévision moderne se trouve donc condamnée à demeurer en surface. Sitôt un sujet énoncé, il faut déjà passer au suivant sans avoir eu vraiment le temps de détailler ou d’approfondir le premier. Je ne me souviens pas être sorti d’un studio de télévision sans avoir ressenti une certaine frustration à cet égard. Voilà, c’est dit! Cela m’a fait du bien.

Revenons au sujet de la tarification. Il est pour le moins surprenant de constater que les parcs nationaux du Québec et du Canada imposent des frais beaucoup plus élevés que les campings privés tout en offrant beaucoup moins de services. Certes, la beauté des parcs d’État doit être prise en compte, cependant, l’offre faite aux campeurs et caravaniers doit avant tout, être évaluée en fonction des services directement liés à leurs besoins.

Là où les parcs l’emportent généralement haut la main, c’est pour la dimension des emplacements mis à la disposition des caravaniers. Pour survivre, le secteur privé se doit de maximiser l’utilisation de son terrain pour en augmenter la rentabilité, une notion beaucoup moins importante pour les gestionnaires publics. Les parcs misent davantage sur une impression de calme, d’intimité, de dépaysement procurée par des emplacements plus vastes. Deux philosophies, deux réalités.

Il faut également prendre en considération que les coûts de mise en place d’une infrastructure de services (eau, égouts, électricité) croissent proportionnellement à la grandeur de chacun des emplacements. Si, sur une même superficie, l’on construit trois fois ou quatre fois plus d’emplacements, le coût moyen pour un emplacement baisse dramatiquement. Ici s’arrêtent les avantages en faveur des parcs.

Pour le caravanier, les notions reliées aux infrastructures sont de peu d’importance. Ce qui l’intéresse, ce sont les services mis à sa disposition et le montant qu’il a à débourser pour y avoir accès. Vus sous cet angle, les parcs nationaux sont nettement perdants. Plus cher que le privé, ils offrent moins de services. Jamais, je n’ai vu dans un parc national, québécois ou canadien, des emplacements avec tous les services (eau, égout, électricité et wi-fi), des services pourtant normaux dans les campings privés (à l’exception du wi-fi qui souvent tarde à s’implanter). Les parcs nationaux justifient leurs tarifs plus élevés par la beauté des lieux mis à la disposition des visiteurs. Il est vrai que nos parcs sont beaux.

Par contre, nos chers parcs devraient prendre exemple sur nos voisins du sud pour moduler leur tarification. Actuellement, le Québécois qui désire se rendre dans un parc doit débourser plus de sous qu’un visiteur étranger. Pourtant, à la guérite, les montants demandés sont les mêmes, peu importe la nationalité du visiteur.

La différence provient du fait que les Québécois, contrairement aux visiteurs étrangers, payent deux fois pour leurs parcs. Chaque année, une partie de nos impôts sert à l’exploitation et à l’entretien de nos parcs. Sans même les utiliser, ces parcs nous coûtent quelque chose. Le visiteur étranger, ne payant pas d’impôt au Québec ou au Canada, se trouve donc à profiter d’un avantage par rapport à notre situation.

Il s’en trouvera pour alléguer que les impôts de ce visiteur servent à entretenir les parcs de son pays et que lorsque nous, Québécois, nous y rendons, nous profitons à notre tour du même avantage. Faux.

Plusieurs États de nos voisins offrent à leurs résidents un tarif privilégié pour l’utilisation des parcs gouvernementaux, un tarif auquel les visiteurs n’ont pas droit. Cet avantage reconnaît la contribution des résidents, par leurs impôts à l’entretien des parcs de leur territoire. Ne serait-il pas normal d’instaurer un tel régime ici ?

Une tarification réduite pour les résidents du Québec et une autre pour les visiteurs constituerait une mesure équitable pour tous. Aucun visiteur ne pourrait s’offusquer de la chose, comme nous le faisons nous-mêmes lorsque nous fréquentant les parcs publics des autres États. Ainsi, les Québécois, plutôt que de se sentir exploités par leur propre gouvernement, auraient plutôt l’impression d’être respectés par celui-ci. De plus, d’une certaine façon une tarification ainsi modulée contribuerait au développement d’un sentiment que ces parcs nous appartiennent vraiment puisque nous y aurions un accès privilégié.

Mais, ce ne sont là qu’élucubrations du dimanche matin d’un vieux caravanier ayant beaucoup trop voyagé.

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