Lebeau-2011-marque
boutique fqcc

Archive pour mai, 2010

mai 16 2010

Bilan d’un beau et long voyage


L’heure des comptes a sonné. Comme à chaque grand périple, je dois dire que j’éprouve un certain plaisir à décortiquer les coûts associés au voyage. La dernière partie de la phrase qui précède est fort importante, car, autrement, les nombres mentionnés plus loin pourraient induire certains lecteurs en erreur. Je m’explique.

Les dépenses qui suivent reflètent ce que coûte l’activité voyage seulement.

Elles ne prennent pas en considération l’achat d’un véhicule récréatif, son financement, ses assurances ou les frais d’immatriculation. Même traitement en ce qui a trait au remboursement d’un prêt hypothécaire d’une maison ou encore aux diverses primes d’assurance vie, maladie, responsabilité civile ou de véhicules. La raison en est que ces dépenses doivent être assumées même si l’on ne voyage pas.

L’argument qui sous-tend ce postulat est que toutes ces dépenses sont très intimement liées à la condition économique de chacun. Les considérer créerait comme effet pervers qu’il serait impossible de tirer quelque enseignement des coûts réels d’un voyage en véhicule récréatif.

Prenez également note que les nombres mentionnés ci-après reflètent notre aventure personnelle. Un autre couple possédant des habitudes de voyage et de consommation, différentes des nôtres présenterait à n’en pas douter une autre structure de coûts. Il importe donc considérer ce que je vous livre ici comme un témoignage personnel, un outil qui, je l’espère, vous donnera quelques indications de ce que peut coûter un long voyage en VR.

Notre voyage 2009 — 2010 aura duré 191 jours, pendant lesquels nous avons parcouru, à 100 kilomètres près, 30 000 km. Cela signifie donc que notre moyenne quotidienne fut de 157 km. Même si cela peut sembler élevé, il faut se rappeler ce que je disais la semaine dernière dans mon carnet intitulé « L’écurie ». Trois ou quatre jours de suite où l’on roule 600, 800 ou 1 000 kilomètres font rapidement grimper une moyenne quotidienne.

Si le syndrome de l’écurie se manifeste sur le chemin du retour, lors du départ, un autre que l’on pourrait qualifier du syndrome de l’oie blanche prend place dans notre vie. N’oublions pas qu’en automne, alors que les jours raccourcissent, nous avons tendance à garder le pied sur l’accélérateur afin de retrouver la chaleur et le soleil le plus rapidement possible.

Il est tout naturel de regrouper les coûts reliés à un voyage en VR en cinq catégories: camping, essence, épicerie, restaurants et autres dépenses. Bien sur, on pourrait les fractionner en de multiples sous catégories, mais l’expérience nous a appris qu’il est plus simple de s’en tenir à cinq. Mais, trêve de mises en garde, passons aux résultats. Les nombres entre parenthèses sont une moyenne quotidienne.

Au dollar près les frais de camping ont totalisé 4 450 $ (23,30 $); d’épicerie, 3 084 $ (16,15 $); d’essence, 3 475 $ (18,19 $) et des autres dépenses 1 705 $ (8,93 $). Quant au restaurant, tenez-vous bien, il a bouffé 6 112 $ (32,00 $) dans notre portefeuille.

Déjà, il vous est possible de lire ces coûts et de les comparer à vos habitudes de vie. Il est certain que si vous êtes moins entichés d’aller au restaurant que nous, vous pouvez facilement réaliser des économies à ce chapitre. Par contre, ce que vous ne mangerez pas au resto devra être acheté à l’épicerie. Cette catégorie devra donc être légèrement majorée.

En fait, en calculant ce qu’il vous en coûte d’épicerie et de restaurant par semaine alors que vous êtes à la maison, vous aurez une bonne idée de ce que ces postes budgétaires signifient pour vous. Sur la route, ils garderont sans doute une proportion passablement similaire, à moins que…

Souvent, dans mes conférences j’aime à donner des trucs permettant d’économiser en voyageant. Chaque fois que nous partons, nous emportons dans nos bagages un grand nombre de cartes de fidélité émises par les grandes chaînes d’épicerie étatsuniennes. Cette année, ces cartes ont abaissé nos coûts d’épicerie de 322,50 $.

Cependant, la palme des économies revient encore une fois à la carte Passport America. Nous avons réussi à l’utiliser pour 100 nuitées. Grâce à elle, nous avons économisé 1 920,21 $ en frais de camping. Sans cette carte, notre moyenne quotidienne aurait été de 10 $ plus élevée.

Au total, notre périple nous aura coûté 18 826 $ ou, si vous préférez, 98,56 $ par jour, en dollars du Sud, bien sur. Durant cette période, le taux de change moyen a été d’environ 5 %, ce qui fait que même en dollars canadiens, la saison fut abordable.

N’eût été que nous étions en véhicule récréatif, une telle moyenne quotidienne aurait été impossible. Évidemment, nous aurions pu nous être plus sages, ce qui l’aurait abaissée significativement. Mais, à notre âge, il est difficile de changer ses habitudes. Ce que je peux vous certifier toutefois, c’est que nous sommes revenus avec l’intime conviction que ce voyage nous en a donné pour notre argent et plus.

Si, à la lecture de ce carnet, vous aviez des questions ou si vous désiriez que j’en détaille certains points, n’hésitez pas à me le faire savoir.


3 commentaires

mai 09 2010

L’écurie


Je sais, vous vous demandez pourquoi ce titre. Bien que cela fasse plus de trente ans que nous ayons vendu notre dernier cheval, j’ai encore souvenirs de nos balades en forêt de Chesterville à Saint-Fortunat. Je me souviens aussi de la façon dont les chevaux, sur le chemin du retour, accéléraient le pas au fur et à mesure que se rapprochait l’écurie.

Croyez-le ou non, nos chevaux de l’époque nous ont transmis leur fièvre de l’écurie. Depuis, à chaque fin d’un périple, nous pressons le mouvement lorsque sonne l’heure du retour. Nous avons beau lutter et nous conditionner à garder le rythme habituel du voyage, rien n’y fait. Immanquablement, le retour au Québec nous attire comme un aimant, avec la même intensité que nos chevaux anticipaient l’écurie.

Notre périple 2010 n’aura pas réussi à contrer la malédiction. Après nous être attardés le plus longtemps possible dans l’ouest de l’Amérique, le signal du départ vers l’est se fit entendre. Quatre jours plus tard, nous franchissions la frontière à Port Huron — Sarnia. Un trajet de près de 4 000 km parcourus au galop, comme si nous avions le mors aux dents.

Bien sûr, nous avions une bonne raison d’arriver à Toronto. Nous y avions invité nos enfants à nous y rejoindre afin d’assister à la dernière représentation du Mariage de Figaro, un opéra de Mozart, dans lequel notre fils Olivier tenait le premier rôle. Cependant, malgré notre hâte de retrouver les nôtres, le calendrier demeura immuable et continua de s’égrener à vitesse constante, tant et si bien que nous arrivâmes dans la capitale ontarienne avec trois jours d’avance. C’est bien nous ça!

La date de ces retrouvailles étant planifiée depuis des mois, j’avais pris soin d’emporter l’exemplaire de Camping Caravaning où il était question des terrains de camping à proximité de Toronto. J’avais donc, la semaine précédente, effectué une réservation au Indian Line Campground, le terrain le plus près du centre-ville.

Ce camping sous administration municipale possède toutes les qualités des parcs gouvernementaux : emplacements immenses, dont plusieurs à trois services, dans un environnement bucolique avec plan d’eau à proximité. Tout cela en milieu urbain pour une trentaine de dollars par nuitée et wi-fi en bonus. Fait inusité pour un parc gouvernemental, plusieurs des emplacements étaient occupés par des campeurs saisonniers.

La veille de notre arrivée, nous avions arrêté le compteur de kilomètres et de dépenses en traversant la frontière États-Unis — Canada. À 100 km près, l’odomètre du Jeep avait engraissé de 30 000 kilomètres tandis que notre portefeuille avait maigri de plusieurs milliers de dollars. Mais pourquoi stopper les calculs à la frontière ?

La raison en est toute simple. Lorsqu’on est nomade à plein temps, il est difficile de déterminer quand se termine un voyage puisque du moment que l’un finit, un autre commence. Comme la traversée de la frontière amène un changement de l’unité monétaire utilisée, fermer les livres à ce moment s’impose donc tout naturellement et simplifie les calculs en matière de taux de change.

Conséquemment, ainsi que je l’avais annoncé il y a quelques mois, la semaine prochaine je vous reviendrai avec une ventilation finale des dépenses encourues pour notre voyage Hiver 2009-2010.


Un commentaire

« Préc. - Suiv. »