Archive pour mai, 2010

mai 30 2010

Le noyau dur

Ceux qui ont visité le forum de la FQCC ce week-end auront sans aucun doute noté que celui-ci a réellement été frappé de léthargie ces trois derniers jours. Cette très faible participation n’est pas imputable à une panne informatique quelconque, mais à un autre phénomène qui semble vouloir se produire une fois par année. Vous aurez vite compris que je veux parler du rassemblement des forumeurs qui se tient alors que j’écris ces lignes, à Wickham, au camping Plage des sources.

Comme tous les autres forums, celui de la FQCC comporte deux sortes de membres. D’abord ceux qui par curiosité se contentent de le fréquenter pour lire ce qui s’y dit et profiter des conseils ou des avis techniques que l’on y trouve. Ces personnes, qui n’osent intervenir, soit par timidité ou par manque d’assurance, constituent la très grosse majorité des internautes.

Heureusement, il est cependant une autre catégorie de personnes, des membres plus actifs qui interviennent avec plaisir. Ces forumeurs qui, tantôt initient de nouveaux sujets, tantôt partagent leur expérience avec les lecteurs ou qui s’enflamment sur un fil de discussion, constituent ce que j’appelle le noyau dur d’un forum, son âme.

La passion qui anime ces internautes est, la plupart du temps, responsable de l’esprit et du dynamisme d’un forum. Ce week-end marquait donc le moment de l’année où ces êtres virtuels s’incarnent dans le monde réel et se serrent la pince autrement que par clavier interposé. Je ne mentionnerai pas les pseudonymes qui sont actuellement à Wickham, de peur d’en oublier. Suffit-il de dire qu’ils étaient venus de presque partout au Québec et même du Nouveau-Brunswick, le temps de se faire l’accolade et de poursuivre certaines discussions amorcées sur le web ?

Cette communauté partage non seulement une passion commune pour le caravaning, mais elle se caractérise aussi par un grand respect mutuel de chacun de ses membres. Ici, pas de statut professionnel, pas de classe reposant sur la richesse, l’âge ou la beauté. Seulement des humains égaux entre eux et contents de se retrouver.

Je peux vous dire que j’en ai connu des forums, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. Des forums d’engueulades, des forums de ragots, mais aussi d’autres, plus sérieux et crédibles. Celui de la FQCC a ceci de particulier que tous ceux qui y interviennent sont membres de la Fédération de camping et de caravaning. Non seulement partagent-ils un gout commun pour cette activité, mais ils la pratiquent. Certains le font avec beaucoup d’intensité, d’autres de façon plus modérée, mais toujours avec plaisir.

Avec une telle qualité d’internautes, le travail du modérateur s’en trouve réduit au minimum. Rarement, doit-il rappeler à l’ordre un forumeur intempestif qui grimpe aux rideaux. Chaque fois que la chose se produit, la discipline se fait entre les membres et par les membres. Il en résulte donc une ambiance chaleureuse où l’acrimonie et l’agressivité n’ont pas leur place et où tout esclandre est rapidement ramené à l’intérieur des frontières du respect.

Souvent, les habitués d’un forum (lire ceux qui interviennent beaucoup) ont tendance à s’isoler, à transformer cet espace en chasse gardée où les visiteurs ont de la difficulté à se trouver une place. Celui de la FQCC est différent à cet égard. Chaque fois qu’un petit nouveau se risque à formuler un commentaire, à poser une question, le noyau dur lui souhaite chaleureusement la bienvenue, lui tend la main et, dans certains cas, l’aide à reformuler ou à préciser ses propos. En ce sens, les membres actifs de ce forum agissent comme des ambassadeurs de l’entraide entre caravaniers. Je suis persuadé que si demain, ces personnes décidaient subitement de se taire, le forum perdrait de sa popularité et de son effectif. J’en ai pour preuve que ce week-end, l’activité du forum est d’une tranquillité désolante. N’ayez crainte cependant, dès demain, les passionnés seront de retour devant leur clavier, revigorés et dynamisés par leur dernière rencontre et le forum reprendra de plus belle.

Je vous laisse, il me faut rejoindre les autres.


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mai 23 2010

Au pays des géants


Depuis jeudi, nous sommes installés à Saint-Ambroise au Lac Saint-Jean, sur les immenses terrains du Géant du Motorisé. C’est ici que la FQCC a choisi de tenir son grand rassemblement pour souligner l’ouverture de la saison de camping. Comme à peu près partout au Québec, le soleil nous chauffe la couenne, ce qui a un effet très bénéfique sur l’humeur des 2 500 caravaniers qui ont envahi la belle région du Lac-Saint-Jean. L’atmosphère est à la fête et les sourires sont au rendez-vous. Inutile de préciser que la population de Saint-Ambroise bat des records ce week-end.

L’an dernier, lorsqu’à la télé, je voyais une pub qui parlait du pays des géants pour désigner le Saguenay - Lac Saint-Jean, je me demandais en quoi ces Québécois étaient plus géants que ceux des autres régions. Aujourd’hui, tout est devenu limpide. J’ai compris. Je suis véritablement au pays des géants. En voici la preuve.

Tout d’abord, André Bouchard qui nous accueille sur ses terres. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’entreprise qu’il a mise sur pied n’a pas usurpé à qui que ce soit le nom Géant du Motorisé. Le Géant est, en 2010, le joueur le plus important dans le domaine du véhicule récréatif au Québec, et sans doute au Canada. Pourtant son commerce est loin, très loin des grands axes routiers. D’ailleurs, sans André Bouchard, bien peu de Québécois sauraient qu’il existe un village nommé Saint-Ambroise.

Pour qui ne s’est jamais rendu au domaine du Géant, il est difficile de comprendre l’envergure et les dimensions de celui-ci. Même Elvis Gratton verrait que « think big’stie » n’appartient plus aux « Américains ». Il est bleuet, point à la ligne.

Mon copain journaliste Roger Laroche, anciennement chroniqueur de la circulation à Radio-Canada, qui a troqué son Vol-au-Vent pour une autocaravane, a d’ailleurs profité de son séjour à Saint-Ambroise cette semaine pour interviewer M. Bouchard. Il nous tracera un portrait de ce personnage et de son rayonnement dans un prochain article à paraitre dans Camping Caravaning. Ne voulant surtout pas empiéter sur son sujet et brûler son article je vais étayer mes propos par d’autres exemples.

Au moment où je termine ces lignes, nous sommes samedi et il est près de minuit. Michelle et moi, en compagnie de 2 500 autres personnes ravies, venons tout juste de sortir d’un spectacle monté par des gens d’ici et intitulé « Ecce Mondo » ou, si vous préférez, « Voici le monde ». Comme tous ceux qui ont assisté à ce spectacle de danse et de musique, j’en suis tombé sur le cul.

Les artistes qui étaient sous le chapiteau ce soir sont aussi des géants, à leur façon. Près de trois heures, durant lesquelles nous avons parcouru le monde en musique en danse et en chanson. La salle était ébahie devant autant de talent. L’atmosphère était survoltée.

C’est là que j’ai véritablement compris que nous étions au pays des géants : les gens du Saguenay - Lac Saint-Jean font partie d’une race de géants et, par ricochet, vous, moi, tous les Québécois, faisons partie de cette race. Pour ma part, je n’ai plus besoin de ces débats politico-philosophiques pour cerner et définir ce qui nous distingue, nous les Québécois. Ce soir, ici, tout est devenu limpide.

Peut-être faut-il y voir la conséquence des nombreuses années où nos ancêtres ont eu à se battre pour survivre, mais aujourd’hui, ce qui nous caractérise porte plusieurs noms : imagination, débrouillardise, créativité. Alors qu’il y a 150 ans, nos coureurs des bois occupaient tout le territoire de l’Amérique du Nord, aujourd’hui, nos développeurs modernes font maintenant leur marque dans une multitude de secteurs et se nomment Bouchard, Laliberté, Dion, Lemaire, Lepage, Lamarre…

Par leur audace, leur talent, leur ténacité, ils ont créé, développé, imposé et exporté leurs idées. Ces gens sont issus de chez nous. Comme vous, comme moi, ils sont Québécois. Leurs exploits font d’eux des géants. Rappelons-nous René Lévesque disant, au soir du 15 novembre 1976, que nous étions peut-être quelque chose comme un grand peuple. Bon sang qu’il avait raison, nous sommes un peuple de géants. Si seulement on pouvait le comprendre!


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