2012-05-CTFO

Archive pour avril, 2010

avr 11 2010

À s’en décrocher la mâchoire


L’Utah est un État époustouflant. Voilà pourquoi le titre de ce billet n’est vraiment pas exagéré. D’ailleurs, juste nommer cet État et déjà la mâchoire inférieure veut décrocher. Dites-le à voix haute, vous verrez que j’ai raison.

Blague à part, nous en sommes à notre deuxième voyage en Utah et l’émerveillement est encore plus intense qu’à notre première visite. Cet État, faut-il le rappeler, abrite les plus beaux des parcs nationaux étatsuniens. Zion, Bryce, Capitol Reef, Canyonlands, Arches, pour nommer les plus connus. À mon avis, ces parcs sont de beaucoup plus intéressants à visiter que le Grand Canyon. Bien sûr, il s’en trouvera pour dire le contraire, mais bon, c’est mon opinion.

Notre périple 2010 nous a conduits jusqu’à maintenant à Zion, Bryce et Capitol Reef. De ces trois parcs, nous n’avions visité que Bryce, il y a six ans passés. Zion a véritablement été mon coup de coeur. Contrairement à Bryce où nous surplombons l’horizon, les attractions et services de Zion sont dans le fond du canyon.

Très achalandé, ce parc qui ouvre au début d’avril offre aux visiteurs l’occasion de prendre une navette où un narrateur fournit plein de renseignements dans un langage très facile à comprendre. La clarté de ce que l’on entend repose aussi sur qualité des haut-parleurs, qui ne présentent pas le grésillement et le son nasillard des systèmes de diffusion sonore que l’on retrouve souvent dans ce genre de navette.

Certes, on peut toujours visiter ce parc à pied ou à vélo. Ce ne sont pas les sentiers qui manquent. Toutefois, la navette demeure le seul moyen d’avoir une réelle vue d’ensemble de Zion puisque la route qui sillonne le parc ne peut être empruntée par les automobiles. Gratuites, ces navettes arrêtent en de multiples endroits permettant aux visiteurs de descendre pour relaxer, faire un pique-nique, marcher un peu ou s’attarder devant une falaise particulièrement impressionnante.

Lorsque l’on voyage en véhicule récréatif, avant de parvenir au parc, il faut cependant se plier à une exigence que l’on prétend liée à la sécurité. La route qui traverse le parc comprend un tunnel d’environ 1,7 kilomètre, creusé à même la montagne. Ceux qui font un aller-retour aux installations du parc n’ont cependant pas à franchir ce tunnel. Officiellement, la largeur autorisée pour circuler dans le tunnel est de 94 pouces.

Aussi, à l’entrée du parc, un gardien nous demande si l’on a l’intention de traverser le tunnel. Dans le cas d’une réponse affirmative, il sort de sa guérite et vient mesurer la largeur du véhicule récréatif. Imaginez, il a mesuré l’Alto dont la largeur est inférieure à 80 pouces. Au lieu de prendre sa mesure au pare choc arrière, il a déroulé son ruban placé sur le sol à la hauteur des roues, est passé de l’autre côté de l’Alto pour l’ajuster à la limite extérieure du pneu. Puis, il est revenu à sa position initiale afin de prendre sa lecture. Comme efficacité, j’avais vu mieux.

Ayant constaté que nous respections la norme, il nous a ensuite demandé si l’on désirait un service d’escorte pour traverser le tunnel. Un service facturé à 15 $. Évidemment, j’ai décliné son offre en me disant que la façon dont ils dramatisent tout a de quoi attiser la paranoïa.

En arrivant au tunnel, la situation est devenue encore plus ridicule. Non seulement le tunnel est suffisamment large pour autoriser la circulation en double sens, mais la hauteur du tunnel excède de beaucoup la hauteur de tout véhicule récréatif ou autobus. Pour ajouter au drame, des contrôleurs, munis de radios bidirectionnelles, immobilisent les voitures et autorisent la circulation dans un seul sens en alternant après le passage d’une dizaine de voitures. Imaginez le pauvre naïf qui aurait requis les services d’une escorte. Bref, nos voisins ne changent pas, ils adorent jouer au cowboy et faire leur cinéma.

Malgré cet incident, je conseille grandement de ne pas se laisser impressionner par ces mesures et de traverser Zion en entier par la route 9. De toute façon, ce parc n’est pas très étendu et de l’autre côté, la nature continue à nous émerveiller pas l’immensité de son étendue désertique.


La semaine prochaine, Capitol Reef, Canyonlands et Arches.


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avr 04 2010

Vivement le retour


Depuis hier, nous sommes à San Francisco. Une ville tout aussi turbulente que Los Angeles, mais avec un cachet à nul autre pareil. Le camping où nous avons installé l’Alto est le Candlestick RV Park. Pas donné, à 69 $ la nuit (la quatrième est gratuite). Il offre l’avantage d’être situé en ville. Il est donc parfait pour rayonner et profiter des attributs de cette ville.


Cet après-midi, pour faire différent, nous avons délaissé l’animation urbaine pour aller faire une balade dans les collines de Sonoma et de Napa, à environ 100 km du Candlestick. Des vignobles, mes amis, partout des vignobles. À un point tel que l’on ne sait ou regarder, ni lequel visiter.

Nous en avons retenu deux : Robert Mondavi et Beringer, deux maisons très connues des amateurs de vins québécois. Pour chacune, nous avons choisi la visite guidée (15 $ et 20 $/personne). Comme nous ne voulions qu’avoir une vision globale et non détaillée de ces deux vignobles, nous avons opté pour la visite courte.

Chez Mondavi, nous avons rencontré une dame de la Gaspésie travaillant pour cette firme depuis environ huit ans. Elle nous a raconté qu’en venant dans la vallée de Napa, son objectif était d’acquérir une expertise suffisante pour partir son propre vignoble dans la Baie des Chaleurs. Depuis, elle ne cesse d’apprendre tout en se promettant encore de revenir chez nous.

L’impression que nous avons eue des deux vignobles visités en fut une de contraste. Le premier, logé dans des bâtiments récents (moins de dix ans) dégage une impression de modernité et d’une production quelque peu industrialisée, pour autant que l’on puisse parler de production industrielle dans le cas du vin.

Le second, Beringer, présentait une conception, disons, plus artisanale de la fabrication du vin. Certes, les locaux plus que centenaires où se fabrique le divin nectar et la grotte adjacente, creusée à même la colline derrière l’édifice contribuaient grandement à créer la magie. Chacun sait cependant que la magie est avant tout une illusion.

Malgré les apparences, très peu séparent les maisons Beringer et Mondavi. Dans les deux cas, la production du vin repose sur une approche très scientifique et très méthodique tout en gardant un savoir-faire qui tient de l’art. D’ailleurs, à quelques kilomètres de ces grands vignobles, une université dispense une formation doctorale sur la fabrication du vin. Rien n’est donc laissé au hasard et la chimie du raisin semble ici fort bien comprise et appliquée.

Je sais, vous commencez à vous demander le lien avec le vin et le titre de ce carnet. À priori, il n’apparaît pas d’évidence. Pourtant, il est justifié. D’une part, parce qu’après San Francisco, nous reprendrons tranquillement la route du Québec. Bien sûr, avant de revenir, nous aurons le temps de visiter plusieurs des grands parcs nationaux de la Californie et de l’Utah.

Un autre élément me dit aussi qu’il est temps de revenir au Québec et de me reconnecter avec la réalité. Mon esprit semble afficher une propension à la distorsion. À preuve, aujourd’hui, j’ai fait le plein à 3,299 le gallon. J’ai maugréé en voyant un prix aussi élevé, le plus cher que j’aie payé de tout l’hiver. Au Québec, j’aurais considéré ce prix comme une aubaine. Payer seulement 0,87 $ le litre avec un dollar presque au pair. Voilà pourquoi il me faut rentrer au bercail sans faute si je veux éviter de devenir complètement déphasé.


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