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Archive pour mars, 2010

mar 14 2010

Combien ça coute?


Dernièrement, lorsque j’abordé la question des coûts reliés à un séjour prolongé à l’extérieur du pays, j’ai reçu de nombreux commentaires et courriels. Cela démontre bien l’importance du sujet. J’ai donc pensé vous présenter un portrait partiel de ce qu’il nous en a coûté cet hiver.

Partiel parce que les montants mentionnés ne portent que sur les 100 derniers jours. J’aurai l’occasion de faire un rapport global à notre retour au Québec. Ce retour étant prévu pour le 2 mai, cela fera donc 198 jours de voyage. Cela serait tellement plus simple à calculer si nous pouvions reporter notre arrivée de deux jours, mais des rendez-vous déjà programmés interdisent tout retard.

Pourquoi 100 jours, direz-vous? L’explication est toute simple. D’une part, aujourd’hui, cela fait exactement 100 jours que nous avons entrepris la seconde portion de notre migration hivernale. Nous avons amorcé cette étape à mon retour du salon de l’industrie du véhicule récréatif de Louisville, KY dans les premiers jours de décembre. Je dois cependant vous avouer que la vraie raison est celle-ci : diviser par 100 est très plaisant pour un paresseux.

Avant de parler chiffres, il importe aussi de clarifier certaines choses. Tout d’abord, les dépenses relatives à notre voyage sont très personnelles. Elles reflètent notre propre réalité et notre façon, à Michelle et moi, de voyager. Même si ces dépenses sont difficilement transposables, vous aurez quand même un portrait pouvant servir à la planification d’un voyage.

Notez également que le nombres qui suivent ne prennent en considération que les frais directement reliés au voyage. Ainsi, j’ai omis toute assurance pour l’auto ou la caravane car, voyage ou non, les véhicules se doivent d’être assurés. La situation aurait été différente pour un voyage au Mexique puisqu’il aurait alors fallu acheter une couverture d’assurance supplémentaire pour rouler dans ce pays.

Contrairement à certains de nos amis, nous ne jouons pas au golf, mais nous adorons aller au restaurant ou flâner à la terrasse d’un café. C’est un peu notre façon de découvrir les gens d’une ville, de s’imprégner de l’atmosphère qui y règne. Même si nous savons combien il est inapproprié de parler de cuisine régionale aux États-Unis, pays où la recherche d’une uniformité pouvant s’appliquer d’une mer à l’autre semble la règle d’or, nous parvenons malgré tout à distinguer des variations laissant entrevoir un peu de couleur locale.

Autre précision, les dépenses qui suivent ne sont ventilées qu’en cinq catégories présentées en ordre alphabétique. La première « autre dépense » comprend tout ce qui n’entre pas dans les autres catégories. Les suivantes s’intitulent camping, épicerie, essence et restaurants. Finalement, à cause de la fluctuation quotidienne du taux de change, il m’est apparu plus sensé de présenter les résultats dans la devise USD, arrondis au dollar près.

Maintenant, laissons parler les chiffres. Nos dépenses totales pour les 100 derniers jours ont atteint 8334 $. Notre moyenne quotidienne est donc de 83,34 $ (je vous avais dit qu’il était facile de diviser par 100).

Par catégories, j’obtiens 611 $ dans autre dépense, 2 094 $ en frais de camping, 1 844 $ pour l’épicerie, 1 171 $ d’essence et 2 614 $ en frais de restaurant. Vous comprenez maintenant pourquoi je vous avais prévenu que l’on adore les restos.

Durant ces mêmes 100 jours, nous avons parcouru 10 300 km. Cela signifie donc une dépense en carburant de 0,12 $ au kilomètre, ce qui, somme toute, me semble fort raisonnable.

Il est certain que le bilan global de notre voyage sera quelque peu différent. Par exemple, les six prochaines semaines vont ajouter près de 8 000 km au compteur de notre Jeep, ce qui viendra modifier le poids relatif de l’élément essence dans le grand total. À notre retour, il sera intéressant d’interpréter toutes ces données et de mesurer l’impact de certains éléments comme la carte Passport America ou les cartes d’épicerie.

D’ici là, s’il est des points que vous aimeriez me voir détailler dans mon rapport final, faites-le-moi savoir.


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mar 07 2010

Altitude négative

Non, je n’ai pas fait erreur en écrivant le titre de ce papier et vous avez bien lu. À quelques dizaines de kilomètres de Palm Spring, CA, se trouve une région où l’altitude est inférieure au niveau de la mer. J’avoue que cela fait tout drôle de voir le navigateur GPS afficher des nombres négatifs dans la case altitude. Encore une caractéristique propre au paysage californien.

Au sud-ouest et à l’ouest de Palm Spring, des montagnes grimpent jusqu’à 2 600 mètres. La ville comme telle se situe à environ 170 mètres et l’endroit dont je vous parle descend à -60 mètres. Voilà qui démontre, hors de otut doute qu’ici, la monotonie du paysage est un concept inconnu.

L’endroit dont je vous parle se nomme Salton Sea. En fait, il s’agit d’un lac dont la profondeur est d’une dizaine de mètres avec une fosse de quinze mètres. Sa longueur maximale est d’environ 55 km sur 25 km de largeur. L’eau que l’on y trouve est salée, très salée même. En fait, son taux de sel est de 25 % supérieur à celui de l’océan Pacifique. L’évolution de ce taux préoccupe d’ailleurs au plus haut point les biologistes responsables de la gestion de la faune.

Ce creux dans l’écorce terrestre où se trouve Salton Sea date de plusieurs millénaires. Alors que des travaux d’irrigation des plaines limitrophes au Colorado étaient en cours au début des année 1900, une crue soudaine engendrée par des pluies anormalement élevées causa la rupture d’une digue. Du coup, l’eau suivit la pente naturelle du terrain et descendit vers Salton Sea.

Ingénieurs, techniciens et ouvriers mirent près de dix-huit mois pour réparer la digue. Pendant ce temps, Salton Sea grossissait sans arrêt et sa superficie atteignit 1 000 km2. Provenant du Colorado, les centaines de millions de mètres cubes ainsi déversés étaient constitués d’eau douce.

Une fois la fuite colmatée, Salton Sea cessa d’être approvisionnée en eau fraîche. Les rares averses typiques à cette région apportaient une eau en quantité insuffisante pour contrer celle qui s’évaporait sous l’effet du soleil. De plus, l’eau de ruissellement drainait avec elle de nombreux minéraux provenant des terres agricoles environnantes.

D’année en année, la concentration en sels minéraux augmenta jusqu’à son niveau actuel. Si ce n’était de l’intervention constante  des biologistes occupés à contrôler la situation, aucun poisson ne pourrait survivre dans cette saumure. Les dizaines d’espèces d’oiseaux qui s’y retrouvent perdraient alors leur principale source de nourriture, ce qui mènerait certaines espèces directement à l’extinction.

Les scientifiques de la nature considèrent Salton Sea comme le joyau californien de la diversité aviaire et la plus importante productrice de poissons de l’État. Pas surprenant que cet immense lac attire de nombreux pêcheurs et ornithologues, amateurs ou professionnels.   L’été, des milliers baigneurs profitent des plages réparties sur son pourtour. En cette période de l’année, les  nombreux terrains de camping privés et publics sont bondés des caravaniers et des campeurs. Quant aux Québécois, qui visitent la Californie surtout l’hiver, ils profitent du faible achalandage des campings et peuvent ainsi obtenir sans problème l’emplacement de leur choix. C’est du moins ce que nous avons pu observer à chacune de nos visites. Je me souviens d’une fois où nous étions deux caravaniers à se partager le camping de Corvina Beach, faisant partie du réseau des parcs gérés par l’État de la Californie. L’endroit était tellement peu fréquenté en cette saison que la guérite à l’entrée était déserte et qu’il suffisait de remplir la fiche d’auto-inscription et de la déposer avec quelques dollars dans une enveloppe dans une boite cadenassée à l’entrée.

Il n’est nullement exagéré de prétendre que Salton Sea l’hiver représente bien plus que la tranquillité. C’est vraiment la sainte paix.



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