L'École FQCC Optimisez vos connaissances

Archive pour mars, 2010

mar 28 2010

La grande mare

Finalement, vendredi midi, nous nous sommes résignés à quitter Rancho Jurupa, cet îlot de calme et de verdure de la grande banlieue de Los Angeles. À peine une heure plus tard, nous jetions l’ancre à nouveau, encore plus près de L A, à Huntington Beach, plus exactement.

Fini le désert, du moins pour l’instant. Place à la mer. Situé sur le bord de la Pacific Coast Highway, le camping où nous sommes arrêtés n’offre pas le même silence que le précédent. La verdure a également cédé la place à l’asphalte et au béton.

Pas le moindre petit brin d’herbe sur le terrain du Huntington Beach RV Resort. Tenant plus du stationnement de centre commercial, ce terrain facture de 50 à 70 $ par jour selon la longueur du VR. Heureusement, pour nous, nous entrons dans la catégorie des moins de 30 pieds. De plus, en prétendant posséder la carte AAA (CAA au Canada), ils accordent un rabais de 10 %. Probablement que j’aurais eu droit au même rabais en disant que j’étais membre de la FQCC. Mais bon, il aurait fallu leur expliquer ce qu’est la FQCC et son importance.

Pourquoi avoir choisi ce camping ? Plusieurs raisons. Tout d’abord, le Bolsa Chica State Park, à environ quatre kilomètres plus au nord n’est pas moins asphalté que celui-ci. De plus, ses tarifs ont atteint des sommets depuis trois ans. On demande 50 ou 65 $ selon que l’on est face ou dos à la mer. Cela pour deux services. Quant au wi-fi, il faut également payer un supplément et se rendre à proximité de la guérite d’accueil.

Bien sûr, entre ces deux campings, il s’en trouve un autre, tout aussi allergique au gazon. Ce camping, le Sunset Vista est opéré par la ville de Huntington Beach. Deux services seulement, douches en plein air pour 60 $ la nuitée sans internet. Non merci!

Même si notre camping ne donne pas directement sur la mer comme les deux autres, il suffit de traverser la route pour se retrouver sur le bord du Pacifique. Lorsque nous sommes arrivés, je me suis immédiatement enquis du service wi-fi. « Pas de problème, me répondit-on, vous n’avez qu’à venir vous installer dans le Club House et vous aurez un accès. »

On verra bien, me dis-je alors. Mon intuition s’avéra juste, car en pointant mon antenne NanoStation VJB2 vers l’office je pouvais capter un signal suffisamment fort pour visionner l’émission de « La vie en vert » de mercredi dernier sur le site web de Télé-Québec et voir ma bobine sans trop de ruptures dans l’image.

Ce que j’aime d’Huntington Beach, vous l’aurez deviné, n’a rien de bucolique. C’est bien la quatrième fois que je viens ici et chaque fois, la magie opère. Tout près, un quartier très raffiné, avec terrasses, restos et boutiques incite à la flânerie. Le bord de mer est aussi le rendez-vous des planchistes, d’ailleurs Huntington Beach s’enorgueillit du titre de Surf City.

Je tiens à vous rassurer tout de suite, le surf n’est pas ma tasse de thé, pas plus que la baignade d’ailleurs. J’avoue avoir de la difficulté à comprendre le plaisir qu’il y a à se baigner dans une eau où les poissons font leurs besoins. Par contre, utiliser la longue piste cyclable qui longe la mer, je veux bien.

Cette piste asphaltée (comme tout le reste ici, sauf la plage) attire des centaines de patineurs, de marcheurs, de pousseurs de carrosses à bébés ou à chiens, surtout le weekend. On y retrouve aussi beaucoup d’animation.

Ainsi, en ce samedi avant midi, un concours d’hommes forts se déroulait sur la plage, pour la plus grande joie des curieux. Un peu plus loin, dans un stationnement adjacent à la mer, plusieurs dizaines d’amateurs de vieilles voitures s’étaient donné rendez-vous et, en bons « gars de chars », frottaient leur « bazou ». Pendant ce temps, des centaines de surfeurs, vêtus de leur habit à cagoule en néoprène noir, flottaient, immobiles, dans l’eau attendant la vague. On aurait dit un troupeau de phoques avec la tête hors de l’eau.

En y pensant bien, Huntington Beach, c’est aussi la nature, mais avec une flore et une faune différente.

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mar 21 2010

Pauvre Robidoux

Depuis une semaine, nous sommes à Rancho Jurupa, un des six parcs du comté de Riverside. Celui-ci est le plus près de Los Angeles. Ici, c’est la banlieue de Los Angeles, même si cette ville est à plus de 130 km de Riverside. Jamais, au Québec, il ne me viendrait à l’idée de prétendre que Trois-Rivières est en banlieue de Montréal. Mais nous sommes aux États et ici tout est tellement plus « big’stie ».


Depuis notre visite précédente, en 2008, ce parc a beaucoup changé. De multiples travaux d’aménagement y ont été réalisés, une seconde boucle de camping s’est ajoutée à la première. Au total, le camping comporte près de 150 d’emplacements, dont une trentaine avec trois services. Je devrais dire quatre, car, bien que pas très fort, le signal wi-fi du parc est accessible de notre emplacement.

Du lundi au jeudi, ce parc honore la carte Passport America. Du vendredi au dimanche, il faut payer plein tarif, 25 ou 35 $ selon la boucle choisie. Plus chère, Cottonwood, la dernière boucle aménagée, permet aux caravaniers de stationner leur VR sur une dalle de béton pleine grandeur. Entre les emplacements, le chemin est complètement asphalté.

Nous avons opté pour la boucle Lake View, plus ancienne certes,  mais possédant un caractère plus rustique et campagnard qui tranche avec la grande ville qui nous entoure. Juste derrière l’Alto, un lac de 1,25 hectare propose ses truites aux pêcheurs du dimanche. Tout autour du lac et sur le camping, lièvres, oies et canards s’occupent de l’animation.

À moins d’un kilomètre de la sortie du parc, nous entrons dans Rubidoux Village. Si nos voisins n’écrivaient pas les mots aux sons, ils auraient su qu’il faut écrire Robidoux, car, ce coin de pays fut développé par un Québécois du nom de Louis Robidoux. Lui et ses cinq frères faisaient partie des coureurs des bois qui ont arpenté toute l’Amérique du Nord.

Ce même Louis Robidoux a été à l’origine du développement de ce qui est devenu par la suite Riverside au milieu des années 1800. D’ailleurs, son domaine s’appelait Rancho Jurupa, comme le parc où nous sommes. À l’est du parc, une colline porte le nom de Mount Rubidoux.

Bien sur, ici, très peux de personnes connaissent les origines des frères Robidoux. À la guérite du parc, où je discutais de la question avec le préposé, celui-ci m’avoua candidement qu’il ignorait ce fait. Pour lui, ses connaissances se limitaient à savoir que Rubidoux avait été un homme d’affaires important. Il était cependant incapable de me dire dans quel secteur des affaires il avait oeuvré. Vous devinez que lorsque j’ai mentionné le mot Québec, j’ai dû lui expliquer que le Québec était juste au nord des États de New York, du Vermont et du Maine. Pas fort fort en géographie le bonhomme !

Comme bien d’autres Québécois qui ont joué un rôle important dans le développement de ce qui est devenu les États-Unis, Louis Robidoux n’a pas eu la reconnaissance qu’il méritait. D’un côté, le clergé québécois voyait d’un très mauvais oeil que ces coureurs des bois en quête de liberté et d’aventure échappent à leur contrôle. Il n’était donc pas question de vanter leurs exploits de peur que d’autres voulant les imiter délaissent le pouvoir de la soutane.

À l’extérieur du Québec, ceux qui ne parlaient pas français désignaient ces explorateurs comme des « Frenchmen ». Cela a également eu pour effet de créer une équivoque. D’ailleurs, un Français, de France comme on dit, établit à Riverside depuis plus de quinze ans et rencontré par hasard à l’épicerie croyait dur comme fer que Louis Robidoux venait du même pays que lui, induit en erreur par le qualificatif « Frenchman ». Même après plusieurs minutes de discussion avec lui, je percevais encore dans son regard un doute sur la véracité de mes propos.

Pauvre Robidoux, puisse l’ambiguïté qui règne sur ton nom et ton origine ne pas t’empêcher de reposer en paix. Grâce à ton audace et tes exploits, sache que lorsque je viens à Rancho Jurupa, j’ai un peu l’impression d’être sur les terres d’un cousin lointain et d’y retrouver un peu de mes racines québécoises.

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