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Archive pour janvier, 2010

jan 17 2010

Tortilla Flat


Que voilà un titre sorti tout droit d’un film de cowboys! Malgré les apparences, Tortilla Flat est bel et bien un lieu qui existe, un peu au nord-est de Phoenix, Arizona. Il y a longtemps, très longtemps même, les diligences faisant la navette vers Santa Fe au Nouveau- Mexique empruntaient une route sinueuse, nommée Apache Trail, qui traversait  Supertition Mountain. À une cinquantaine de kilomètres d’Apache Junction, Tortilla Flat constituait le premier relais de ce périlleux trajet.

Sur le chemin, un village fantôme où jadis peinaient des chercheurs d’or séduit les touristes. Un peu plus loin, le Lost Dutchman State Parc propose un terrain de camping.   Ce parc devrait sous peu devenir lui aussi fantôme puisque la législation de l’Arizona, faute de sous, a décidé de le fermer en 2010. Mais, continuons notre promenade.

Aujourd’hui, les diligences sont disparues et Tortilla Flat ne constitue plus qu’un pâle souvenir de cette époque. Un vieux saloon, quelques accessoires rappelant le passage d’un chercheur d’or solitaire nommé Lost Dutchman, une boutique de souvenirs, le plus souvent fabriqués en Chine.

Pourtant, la route est toujours là, un peu moins sinueuse qu’à l’origine, mais profitant d’un revêtement asphalté, modernisme oblige! Le conducteur automobile doit cependant faire preuve d’un peu plus de prudence qu’à l’habitude. Souvent, dans les courbes en épingles, une voiture venant en sens inverse ne devient visible qu’à la toute dernière minute.

Malgré cette précaution, pour les visiteurs qui s’y aventurent, et ils sont nombreux, il s’agit là d’une magnifique balade à effectuer. Précipices, montagnes de roches et même un lac inattendu avec marina et camping sont autant d’atouts qui attirent les vacanciers ou les visiteurs d’un jour.

Passé Tortilla Flat, la route asphaltée continue pendant quelques kilomètres avant de devenir un simple chemin de terre accroché au flanc des montagnes. Beaucoup moins nombreux sont ceux qui s’y aventurent. Ces craintifs ne savent pas ce qu’ils manquent.

Tenant plus de la piste que de la route, ce chemin étroit impose de rouler à très petite vitesse. D’abord parce que sa surface ressemble aux planches à laver qu’utilisaient nos grand-mères, mais aussi parce que l’accotement y est absent.

Souvent, lorsque l’on doit croiser une autre voiture, l’une des deux doit frôler la montagne et l’autre longer un précipice de plusieurs centaines de mètres. Époustouflant comme paysage!

Avant de rejoindre une quelconque civilisation, il faut parcourir une quarantaine de kilomètres supplémentaires dans la poussière, les nids de poule et les cahots. La piste nous mène au barrage Theodore Roosevelt et au lac du même nom. Juste à côté du barrage, un pont magnifique érigé en 1990 ressemble à un arc pour tirer une flèche dans les nuages. Ce pont, considéré comme l’un des douze plus beaux des États-Unis permet à la route 88 d’enjamber la décharge du lac.


Le retour vers Apache Junction est beaucoup plus facile et détendu, même si la distance à parcourir est trois fois plus longue que la première partie du trajet. Après avoir long la Tonto National Forest, un territoire relevant du gouvernement fédéral, réservé aux activités récréatives, la route 88 rejoint la 60 qui nous ramène à notre point de départ.








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jan 10 2010

Apache Junction, AZ


Toujours en Arizona. Depuis dimanche, nous avons dressé notre camp près de Phoenix, à Apache Junction pour être plus précis. Nous profitons du magnifique soleil qui réussit à faire rougir le thermomètre jusqu’à 24º de plaisir. Il y fait si bon, qu’hier je suis allé payer pour une semaine supplémentaire, une aubaine à 95 $, wi-fi compris.

En tant que Québécois, concevoir qu’il puisse exister autant de campings dans un si faible périmètre et à proximité d’une très grosse ville, demande un certain effort. D’ailleurs, je vous suggère d’ouvrir Google Earth, d’y inscrire Apache Junction, AZ et d’inscrire les mots camping ou « campground » ou « rv park » dans la case « à proximité ».

Bien qu’ils n’y soient pas tous listés, il est facile, lorsque l’on choisit la vue combinée « satellite-carte » de voir la multitude de petits carrés blancs (toit de VR) rangés les uns près des autres. Je me souviens, il y a quelques années, m’être amusé à vouloir calculer les nombres d’emplacements disponibles pour les caravaniers dans un périmètre de 50 km de Phoenix et d’avoir abandonné alors que j’étais rendu à plus de 30 000. Nous sommes vraiment au royaume des caravaniers.

Peu de Québécois cependant. Surtout des Canadiens venant des prairies, de la Colombie-Britannique ou de l’Ontario, installés ici pour l’hiver en compagnie des nombreux «snowbirds» du nord des États-Unis. Les commerçants du coin profitent allègrement des têtes grises et, croyez-moi, la moyenne d’âge dans les allées des épiceries dépasse de beaucoup la cinquantaine.

Choyés par la température, clémente en hiver et infernale l’été, les caravaniers peuvent habiter leur caravane à l’année sur un même terrain de camping, ce que malheureusement nous ne pouvons faire au Québec. Ici, il n’est pas rare de voir des caravaniers de plus de 80 ans dans une caravane elle aussi très âgée. C’est à ce point répandu que j’ai déjà vu des campings offrant des services à domicile comme le font nos CLSC au Québec.

J’ai également observé un autre phénomène qui m’a ramené aux joutes de hockey intervillage de mon enfance. Bien sûr, il ne saurait être question de hockey au royaume de la canne et de la marchette, mais il existe quand même des compétitions organisées entre les campings. Souvent, chaque semaine, des équipes de billard, de fers ou d’autres activités se disputent des matchs amicaux, en se promenant de camping en camping.

Même s’ils sont loin de leurs proches, les caravaniers ne sont pas pour autant condamnés à l’isolement. Les « snowbirds » réussissent en quelques mois à se tisser de réseaux sociaux leur permettant de se faire de nouveaux amis. La chose est facile puisque la population résidentielle et même migrante des terrains de camping est relativement stable d’année en année. D’ailleurs, hier, je suis allé à la salle communautaire, observer ceux qui jouaient au billard. Alors que j’en suis à mon quatrième séjour au même camping en quelques années, j’y ai reconnu des personnes avec qui j’avais déjà joué. Une autre bonne raison de prolonger mon séjour ici.


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