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Archive pour décembre, 2009

déc 27 2009

Carnet de voyage 11

La Louisiane est un État que j’adore. Les gens y sont simples et accueillants. Plus que tout cependant, ce qui m’attire dans ce qui fut la terre où plusieurs Acadiens accostèrent après avoir été déportés pèlemêle sur des bateaux par les Anglais en 1755, c’est la cuisine que l’on y fait.

Les Cajuns maîtrisent à la perfection l’art de donner à leurs jambalayas, gumbos ou étouffées, un goût de fumée. Je préfère employer le mot « boucane » qui, par son caractère archaïque et rustique, me semble donner encore plus de saveur à ces mets épicés à souhait.

Ancienne terre française, la Lousiane, dont je ne pardonnerai jamais à Napoléon de l’avoir vendue aux États de la Nouvelle-Angleterre, cache encore quelques vestiges de notre langue. Malheureusement, en dehors de certains cercles intellectuels, conscients de leur héritage francophone et soucieux de le préserver, la majorité des descendants acadiens n’ont plus de la langue de Molière que leur nom de famille.

Jeudi, alors que nous roulions sur la I-10 en direction ouest, sur le bord de l’autoroute, une enseigne annonçant ces mots « Don’s Real Cajun Boudin » suffit à déclencher un réflexe salivaire. Il n’en fallut pas plus pour que nous nous arrêtions faire provision de ces incomparables saucisses. Comme c’était l’heure du lunch, un restaurant voisin, nommé « Fezzo’s » retint notre attention.

La quantité de mets cajuns au menu rendait le choix presque impossible. Heureusement, un trio, proposant trois mini portions de gumbo différents mit fin à mon douloureux dilemme. Comme dernier repas en Louisiane, je pouvais espérer mieux.

Alors que nous attendions d’être servis, un pot d’épices locales placé sur la table attira mon attention. Une étiquette, collée sur le pot expliquait l’origine du nom de ce restaurant. Je l’ai trouvé assez pittoresque pour vous en faire part.

Il y fort longtemps, dans sa jeunesse, le père du propriétaire du restaurant habitait le petit village de Church Point. Très imaginatif, il avait l’habitude d’utiliser les bobines de fil vides de sa mère pour s’en faire des jouets. Le temps de le dire et je me suis souvenu de mon enfance où j’avais personnellement passé des heures à jouer avec de telles bobines de bois. Mais, cela est une autre histoire, je reviens à l’étiquette.

L’intérêt du père de Phil (le proprio du Fezzo) pour les bobines de fil était tel que le facteur l’avait surnommé Fezzo. Selon l’étiquette, ce mot était le mot utilisé en cajun français, pour désigner les petits cylindres de bois. Évidemment, vous avez compris qu’il s’agissait du mot « fuseau » déformé par la population locale influencée de toute part par l’anglais.

Lorsque, en 1979, Phil décida de se lancer en affaires en ouvrant une épicerie, il lui donna le nom de Fezzo’s Supermarket, en souvenir du surnom donné à son père. Il y a dix ans, lorsque Phil ouvrit un premier restaurant, il conserva ce nom et appela son établissement Fezzo’s Seafood and Steakhouse. Je vous le recommande.

Cette anecdote illustre un de mes grands plaisirs à sillonner les routes du continent nord-américain. Comme la cuisine louisianaise, ces découvertes imprévues ajoutent une petite touche d’épices à nos périples.

Dès la semaine prochaine, pour mon premier carnet de 2010, je cesserai d’utiliser la numérotation et recommencerai à donner à mes carnets un titre plus proche de leur contenu.

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déc 20 2009

Carnet de voyage 10

En regardant le froid qui vous assaille au Québec, il me répugne à vous dire que depuis deux semaines, le temps est maussade dans le nord de la Floride. Pluie, vent, froid et encore pluie s’en donnent à coeur joie. Heureusement, hier, Galarneau s’est enfin montré le bout du nez.

La région du Panhandle tire son nom de la forme de l’État de la Floride dont la forme rappelle un poêlon dont le nord-ouest devient la poignée. Cette région est également souvent désignée sous le vocable « Emerald Coast » à cause de la couleur émeraude de l’eau du Golfe du Mexique par temps calme. Le sable des plages y est encore plus blanc que partout en Floride.

Paradis des baigneurs (lorsqu’il y fait un peu plus chaud), le Panhandle abrite aussi les plus beaux parcs de l’État. D’ailleurs, j’écris ces lignes alors que je suis au Grayton Beach State Park à quelques centaines de mètres seulement de la mer. Situé à une centaine de kilomètres de Panama City, sur la 30A, une route pittoresque qui longe la côte, ce parc est d’une tranquillité absolue. Lorsque le jour tombe, la noirceur devient presque absolue.

Pourtant, à quelques kilomètres, des développements domiciliaires savamment planifiés poussent à la vitesse de champignons. Souvent des résidences secondaires pour gens fortunés, ces îlots portent des noms comme Seaside, Water Color ou Rosemary. Il vaut la peine de s’y promener pour en mesurer toute la beauté.

À une quinzaine de kilomètres à l’ouest du Grayton Beach, se trouve le Topsail Hill Preserve State Park, le joyau des State Parks de la Floride. Avec ses  patios et dalles de béton pour les VR, trois services et le câble à chaque emplacement, une piscine et trois étangs pour la pêche, des sentiers de marche à en avoir mal aux pieds, cinq kilomètres de plage, cet endroit n’a rien à envier aux plus luxueux des campings.

Sur ce terrain d’une superficie de 664 hectares se rerouvent deux douzaines de petits chalets offerts en location. Le camping comme tel peut accueillir les plus gros véhicules récréatifs sur les 167 emplacements dont 19 à entrée directe. 22 emplacements sont aussi réservés aux amateurs de camping sous la tente. Que ce soit pour les véhicules récréatifs ou pour les tentes, chaque emplacement a été conçu avec l’objectif d’assurer une grande intimité aux personnes et familles qui y séjournent.

Bien sûr, pour un tel bijou de parc, il faut accepter de débourser de 24 à 42 dollars par jour. Pour la beauté des lieux, il s’agit là d’un rapport qualité-prix beaucoup plus avantageux que celui des parcs nationaux du Québec ou du Canada.

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