2012-05-CTFO

Archive pour novembre, 2009

nov 15 2009

Carnet de voyage 5

Même si elles sont souvent inoffensives, les légendes urbaines constituent une véritable plaie empoisonnant la vie des caravaniers. Plusieurs d’entre elles se nourrissent avec avidité de l’ignorance des gens ou de leur naïveté. Ajoutons à cela le facteur que voyager à l’étranger nous coupe de nos références familières de notre environnement naturel et voilà réunies les conditions propices au développement et à la transmission de ces faussetés.

Leur prolifération est aussi grandement conditionnée par l’impossibilité dans laquelle nous nous retrouvons d’accéder à des outils de vérifications valides. Méconnaissants que nous sommes des règles, des normes, des lois et règlements en vigueur, tout autant que des us et coutumes qui prévalent chez nos voisins du Sud, notre vulnérabilité s’en trouve décuplée.

Curieusement, nous apprenons ces légendes urbaines alors que nous sommes au Québec, souvent sur les terrains de camping. Pis encore, elles nous sont souvent transmises par des personnes qui ne voyagent pas, ou très peu. Ces personnes se contentent de répéter ou d’interpréter ce qu’elles ont entendu d’un autre.

Bien que les nomades de longue date soient moins vulnérables à ces fausses rumeurs, les nouveaux, ceux qui en sont à leurs premiers voyages hors frontières n’y échappent pas. Sans doute leur manque d’expérience permet-il de comprendre qu’ils soient plus facilement contaminés.

Le foisonnement des rumeurs s’observe autant en nombre qu’en diversité  : obligation de posséder une camionnette à roues arrières jumelées pour remorquer une lourde caravane à sellette, de suivre les voies réservées au camions, de couper l’alimentation de propane lorsque l’on roule, nécessité de peindre le logo Express Vu ou Star Choice sur sa coupole satellite pour ne pas écoper d’une amende, l’interdiction, dans plusieurs États, de traîner une voiture sur un chariot de remorquage… Une liste en continuelle progression et qui ne semble pas connaître de limites.

Ces légendes urbaines ont au moins deux choses en commun. Leur plus importante caractéristique est sans nul doute leur fausseté. L’autre point qui leur permet d’exister repose malheureusement sur l’ignorance de ceux qui, en toute bonne foi. les propagent.

L’importance de déboulonner ces fausses vérités est telle qu’elle me semble justifier une chronique dans les numéros à venir de Camping Caravaning. Corrigez moi si je me trompe, mais j’ai tendance à penser que vous seriez nombreux à nous en raconter et à demander de rectifier les faits.

Un commentaire

nov 08 2009

Carnet de voyage 4

Lorsque l’on est sur la route, on ne sait jamais quelle surprise nous attend au prochain détour. Certaines prennent la forme de rencontres chaleureuses ou encore d’événements liés à la vie culturelle des lieux visités. Il peut aussi s’agir d’incidents, de bris mécaniques ou même d’accidents, ce que l’on ne souhaite à personne.

N’ayez crainte, les lignes qui suivent n’ont rien de dramatique ou de malheureux. Tout au plus, viennent elles témoigner d’un étonnement, résultant de quelque chose d’inhabituel et de saugrenu.

Dimanche dernier, 33º et un soleil de plomb. Histoire de nous aérer un peu, nous optons pour une balade en Jeep, capote baissée. Nous roulons sur la A1A, une petite route parallèle à la Old Dixie Highway, (US-1) en direction sud. La particularité de cette route peu achalandée est qu’elle est plus près de la mer et beaucoup moins commerciale que la US-1. À l’opposée, cette dernière est située à l’ouest de l’Intracoastal, cette voie maritime prisée par les amateurs de bateaux voulant se soustraire aux vagues de l’océan.

À force d’enfiler les kilomètres et de reluquer les immenses et luxueuses propriétés alignées sur le bord de mer, nous nous retrouvons à Fort Lauderdale, au coin des boulevards Las Olas et Atlantic. Cette intersection se situe en plein coeur de l’activité touristique de Fort Lauderdale.

En ce début d’après midi, nous éprouvons le besoin de se mettre quelque chose sous la dent. Un restaurant italien qui semble offrir un peu plus que du «fast food», attire notre attention. Nous attablons à sa terrasse qui donne directement sur l’Atlantique. Après avoir commandé une bière froide et choisi quelque chose sur le menu, nous remarquons que la musique diffusée par les haut-parleurs a quelque chose de familier.

Étonnés, nous prêtons l’oreille avec plus d’attention. Il n’y a aucun doute, c’est bien Joe Dassin qui pousse sa chanson «Les Champs-Élysées». Très cultivée, Michelle me dit que Dassin possédait la nationalité états-unienne et que cela peut expliquer qu’il tourne ici. Non, non, lui dis-je, écoute mieux, il chante en français. Quelques minutes plus tard, une seconde, puis une troisième balade aussi chantées en français par d’autres artistes suivent.

Sans pour autant être un afficionado de ce genre de musique, je dois avouer qu’entendre, sur une terrasse sur le bord de la mer, au milieu de la Floride chanter en français constitue un beau moment. L’espace d’un instant, nous étions revenu au Québec avec la musique de la station Rock Détente.

Après s’être rassasié, nous déambulons dans les environs. Sur les trottoirs, l’achalandage est important. Faut dire qu’un «Boat Show» se déroule durant le week end. Voiliers et yacht sont alignés en rangs d’oignons sur le bord du canal. Attention, pas des chaloupes, loin de là, des monstres de 20, 30, 40 ou 50 mètres de long dont certains valent plusieurs dizaines de millions. À voir cet étalage de luxe, on a peine à croire qu’une récession est en cours.

De mémoire, jamais je n’ai vu, dans les rues, rouler autant de Ferraris, de Lamborginis, de Maseratis, de Royces. Il y en a tellement que les Mercedes ou les BMWs passent inapperçues.

Un tel étalage d’opulence et de luxe a quelque chose d’étourdissant. L’espace d’un instant me voilà à fantasmer sur la vie de pacha. Malheureusement, ce sentiment cède rapidement la place à autre me ramenant à la condition d’un ti-cul qui ne pourra jamais se payer des joujoux tellement extravagants et disproportionnés. La raison vient alors à la rescousse pour rappeler que le bonheur ne réside pas dans l’avoir mais dans l’être.

Libéré de mes divagations, je reprends le volant de la Jeep. Après tout, le beau temps, le soleil et la brise, c’est aussi du bonheur. Et… c’est gratos!

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