nov 15 2009
Carnet de voyage 5
Même si elles sont souvent inoffensives, les légendes urbaines constituent une véritable plaie empoisonnant la vie des caravaniers. Plusieurs d’entre elles se nourrissent avec avidité de l’ignorance des gens ou de leur naïveté. Ajoutons à cela le facteur que voyager à l’étranger nous coupe de nos références familières de notre environnement naturel et voilà réunies les conditions propices au développement et à la transmission de ces faussetés.
Leur prolifération est aussi grandement conditionnée par l’impossibilité dans laquelle nous nous retrouvons d’accéder à des outils de vérifications valides. Méconnaissants que nous sommes des règles, des normes, des lois et règlements en vigueur, tout autant que des us et coutumes qui prévalent chez nos voisins du Sud, notre vulnérabilité s’en trouve décuplée.
Curieusement, nous apprenons ces légendes urbaines alors que nous sommes au Québec, souvent sur les terrains de camping. Pis encore, elles nous sont souvent transmises par des personnes qui ne voyagent pas, ou très peu. Ces personnes se contentent de répéter ou d’interpréter ce qu’elles ont entendu d’un autre.
Bien que les nomades de longue date soient moins vulnérables à ces fausses rumeurs, les nouveaux, ceux qui en sont à leurs premiers voyages hors frontières n’y échappent pas. Sans doute leur manque d’expérience permet-il de comprendre qu’ils soient plus facilement contaminés.
Le foisonnement des rumeurs s’observe autant en nombre qu’en diversité  : obligation de posséder une camionnette à roues arrières jumelées pour remorquer une lourde caravane à sellette, de suivre les voies réservées au camions, de couper l’alimentation de propane lorsque l’on roule, nécessité de peindre le logo Express Vu ou Star Choice sur sa coupole satellite pour ne pas écoper d’une amende, l’interdiction, dans plusieurs États, de traîner une voiture sur un chariot de remorquage… Une liste en continuelle progression et qui ne semble pas connaître de limites.
Ces légendes urbaines ont au moins deux choses en commun. Leur plus importante caractéristique est sans nul doute leur fausseté. L’autre point qui leur permet d’exister repose malheureusement sur l’ignorance de ceux qui, en toute bonne foi. les propagent.
L’importance de déboulonner ces fausses vérités est telle qu’elle me semble justifier une chronique dans les numéros à venir de Camping Caravaning. Corrigez moi si je me trompe, mais j’ai tendance à penser que vous seriez nombreux à nous en raconter et à demander de rectifier les faits.


