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Archive pour août, 2009

août 17 2009

Le Nobel d’économie

Ces dernières semaines, j’ai, à plusieurs reprises fait le trajet Montréal – Victoriaville. À chaque fois, je demeurais abasourdi de constater les variations dans le prix du carburant selon l’endroit. Rouler quelques kilomètres suffisait parfois pour constater une énorme baisse de prix. À Montréal, il n’était pas rare de voir 1,094 $ le litre affiché en grosses lettres rouge feu. À la sortie 145 de l’autoroute Jean-Lesage, ce prix passait brusquement à 0,944 $. Rendu à Victo, le litre était vendu à 0,972 $. Bonne nouvelle ou frustration, tout dépendait de la direction dans laquelle l’auto se déplaçait.

Je sais, les experts nous rabattent les oreilles avec des variations régionales qui, selon eux, sont normales et acceptables. Je veux bien avaler cette salade, même si je la trouve quelque peu indigeste. Là où j’en perd le peu de latin qui me reste de mes années de collège classique, c’est lorsque je jette un oeil au prix du carburant diesel, le gazole comme disent nos cousins d’outre-mer.

Les explications des savants économistes sur la disponibilité ou le manque de carburant diesel pour expliquer l’écart que son prix peut avoir vis à vis l’essence ne tiennent pas la route. Supposons un instant que les pétrolières aient un surplus de gazole et qu’elles décident de vendre à rabais, par exemple, 10% de moins.

À première vue, cette hypothèse semble plausible en ces temps de canicule, moment de l’année où les système de chauffage à l’huile sont au repos. Mais voilà, les prix affichés à la pompe démolissent rapidement ce raisonnement.

À la sortie 145, la grosse station service Couche-tard – Irving vendait l’essence à 94,4¢ le litre, je l’ai dit plus haut. Au même moment, le prix du litre pour diesel était de 84,4¢ le litre, soit 11% de moins. À Victoriaville alors que l’essence coûtait 97,2¢, il fallait débourser 96,9¢ pour un litre de gazole, moins de 0,5% de moins. Serait-ce que la règle des différences régionales si chère à nos économistes pétroliers s’applique aussi au calcul des pourcentage.

Cela me rappelle les notions du petit catéchisme de notre enfance où l’on s’efforçait de miner notre capacité de raisonner en nous inculquant qu’un mystère est une chose que l’on ne peut expliquer, mais qu’il faut accepter. Or, la résignation génère souvent de la frustration. En ce moment, je crois que je ne suis pas le seul à se sentir floué.

Si quelqu’un peut m’expliquer d’une façon logique, claire et simple les mécanismes obscurs qui régissent les prix du carburant, je m’engage formellement à soutenir sa candidature pour le prochain Nobel d’économie. Si cela vous intéresse, faites le moi savoir.

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août 05 2009

La peur d’avoir peur

Le forum de la FQCC n’est pas le seul où les questions de la sécurité du wi-fi, comme moyen de connectivité à l’internet est discuté. Faut-il laisser son routeur accessible à tous ou, au contraire en limiter l’accès ? Formulée ainsi, la réponse semble s’imposer d’elle-même. En cas d’hésitation, pourquoi le laisser ouvert ?
Là où cela me titille, c’est lorsque débutent les arguments liés à la sécurité. Avez vous remarqué que le concept de sécurité est directement proportionnel à la peur ? D’ailleurs, depuis l’effondrement des grosses tours, la sécurité se décline de plus en plus dans une tonalité de paranoïa. D’ailleurs, les entreprises en sécurité roulent sur l’or, se moquant allègrement de la récession économique.
Une des caractéristiques fondamentales de la peur est qu’elle se nourrit de l’ignorance. Or, en matière informatique, nous sommes, pour la plupart d’entre-nous plutôt ignares. Trop souvent, on reprend à notre compte les arguments à la mode, contribuant ainsi, malgré nous à propager de véritables légendes urbaines.
Parmi les craintes les plus régulièrement fréquemment énoncées par les caravaniers, les deux principales touchent les transactions bancaires faites sur la route au moyen de réseaux wi-fi non protégés et la hantise que quelqu’un réussisse à pénétrer dans son ordinateur pour y faire je ne sais quoi.
Primo, les banques, qui ont les meilleures raisons du monde de protéger leurs actifs, possèdent déjà des mesures de sécurité extrêmes pour protéger les transactions de leurs clients. Cette responsabilité leur appartient, nous n’avons donc pas à le faire à leur place. Depuis une dizaine d’années, de partout en Amérique du nord, j’ai fait mes transactions bancaires via l’internet sans fil sans jamais avoir été importuné par des fraudeurs.
À ceux qui me demandaient si j’avais des craintes à agir ainsi lorsque j’étais aux États-Unis, je répondais que les voleurs recherchent, par définition, la facilité. Or, lorsque je suis sur le site de Desjardins, je fais mes transactions en français. Notre langue constitue sans doute notre meilleure protection contre les fraudeurs. Ne sachant pas reconnaître le français de l’allemand, ces malfrats auront le réflexe d’aller voir ailleurs afin de trouver un pigeon made in USA, plus facile à plumer.
Quant à la crainte de voir un pirate s’introduire dans votre disque dur pour en extraire vos précieuses données ou y injecter quelque vers pernicieux, les probabilités sont, à mon avis, on ne peut plus négligeables et improbables. Si tel était le cas, comment pourrait-on justifier que la plupart de hôtels, plusieurs commerces et un nombre croissant de restaurants, de haltes routières offrent un lien wi-fi à leurs clients ? Ces institutions n’ont-elles pas peur des pirates et autres esprits malfaisants ? Comment se fait-il aussi qu’elles ne craignent pas que leurs routeurs servent à expédier des pourriels ou des messages terroristes ? Si une telle hypothèse était valable, croyez-vous qu’un seul instant, elles laisseraient n’importe qui accéder à leur routeur ?
Est-ce à dire qu’il ne faut pas avoir peur ? Sûrement pas ! Personnellement, une peur m’habite continuellement, celle d’augmenter le niveau de paranoïa en propageant sans raison valable la nécessité de toutes ces mesures de pseudo-sécurité. Nos voisins du Sud sont en train de nous contaminer à un point tel que bientôt, il nous faudra porter en même temps, ceinture, bretelles, veste pare-balles, gilet de sauvetage, parachute et parapluie et ce, juste en attendant que l’on nous propose une protection supplémentaire, encore plus complète.

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