2012-02-HauteVoltige

Archive pour mai, 2009

mai 25 2009

Mésaventure

Récemment, je suis allé, avec des amis, passer quelques jours au camping de Pointe-des-Cascades. J’ai toujours aimé ce camping. D’ailleurs, Michelle et moi y avions déjà été saisonniers pendant deux ans, en 2005-2006.
Malheureusement, ce camping, développé dans la foulée de l’Expo 67, n’a pas reçu un entretien à la hauteur de la beauté des lieux. La négligence est particulièrement apparente dans la section au sud du canal Soulange. Des vestiges de dalles asphaltées abimées et tordues par le gel, l’absence d’une délimitation claire entre les emplacements témoignent du vieillissement des lieux.
À notre arrivée, en cette fin de vendredi, on m’assigne un emplacement. Nos deux amis sont déjà sur place depuis quelques heures. En reculant mon Alto, je remarque qu’un de mes amis a branché son électricité sur la prise extérieure du motorisé de mon autre ami. Lorsque je lui demande pourquoi il n’a pas utilisé la prise de son emplacement, il me dit simplement que celle-ci est inutilisable. Le réceptacle est disparu et les fils pendouillent.
Prudent, je regarde mon propre emplacement pour constater que l’alimentation électrique ne fonctionne pas non plus. Un coup d’oeil à l’emplacement voisin me permet de voir que la prise électrique est également inutilisable. Le boitier comprend un volet qu’il faut relever pour apercevoir la prise. Or, ce volet ne s’ouvre que sur 90º et bloque à l’horizontale. De la façon dont la prise de courant a été posée il faudrait que le cordon d’alimentation pointe vers le haut. Impossible de se brancher, la prise électrique a été posée à l’envers. Merde !
Je regarde pour un autre emplacement, même erreur. Sur un troisième, pas de courant. Décidément, tout pour donner le goût de partir. Se confondant en excuses la gérante, dont c’est la première année dans cette fonction, accepte que nous soyons trois unités sur deux emplacements et rembourse la troisième réservation. Comble de malheur, la pluie, le vent et le temps froid nous accompagneront tout le week end.
Qu’un camping soit laissé à l’abandon passe encore. Nous vivons dans un régime de libre entreprise. Ce qui me questionne plus, ce sont les deux étoiles accordées par Camping Québec à ce terrain.
Deux étoiles signifient qu’il s’agit d’un «camping rencontrant les normes de qualité et offrant quelques services et activités». Pour déteminer le nombre d’étoiles qu’il accordera, l’évaluateur doit se baser sur des faits objectifs observés portant en grande partie sur la qualité et la nature des infrastructures.
Qu’a fait l’évaluateur lors de sa visite? Une chose est certaine, s’il avait vraiment fait le tour du terrain dans sa cueillette de faits objectifs et observables, il aurait vu combien certains emplacements sont mal en point. Le Guide du camping n’aurait alors pas publie qu’au camping Pointe-des-Cascades, 100 % des emplacements offrent trois services.
Camping Québec ne peut même pas invoquer l’excuse que les dommages soient postérieurs à l’évaluation car, il y a trois ans, j’avais personnellement fait remarqué au gérant de l’époque que des prises de courant étaient inutilisables pour quiconque disposait d’un cordon d’alimentation de 30 ampères. À ce moment d’autres emplacements n’avaient déjà plus de réceptacles où se brancher.

Que le propriétaire de ce terrain de camping ait pris la décision de ne pas investir dans l’entretien de ses infrastructures ne regarde que lui. Sa clientèle le jugera. Cependant, que l’évaluateur de Camping Québec ne l’ait pas remarqué ni souligné dans son rapport est inexcusable.

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mai 15 2009

Mobilisation = résultats

La semaine dernière, le monde du caravaning fut frappé de plein fouet par une secousse sismique. L’épicentre venait de l’assemblée législative de l’État du Maine. Les parlementaires avaient sur leur bureau un projet de loi visant à interdire tout stationnement de nuit dans les espaces commerciaux de l’État. Les propriétaires de terrains de camping salivaient de plaisir à la seule pensée de mettre la main sur l’hébergement des milliers de caravaniers qui, chaque été, visitent ce coin de pays.
Dans leur enthousiasme ils avaient cependant oublié de tenir compte d’une variable importante, la mobilisation des caravaniers eux-mêmes. Misant sans doute sur les délais très courts entre le dépôt du projet de loi et son adoption, le lobby des campings négligea de considérer que la planète tourne à la vitesse du web.
À peine déposé pour discussion, le projet de loi se retrouva en ligne. La vigilance des regroupements de caravaniers, des forums et des sites web dédiés au caravaning fit connaître à tous la terrible menace qui pointait à l’horizon.
Lettres, courriels et pétitions arrivèrent de partout pour dénoncer ce qui était qualifié d’atteinte à la liberté des caravaniers. D’aussi loin que l’Arizona, le Colorado ou la Californie, des caravaniers menaçaient de revoir leurs prochaines destinations afin d’en exclure le Maine.
L’intention du Maine constituait un certain danger pour les caravaniers. Si elle avait été adoptée, elle aurait sûrement incité d’autres États à revoir leur hospitalité à la baisse. Déjà, par le passé, de pareilles tentatives avaient surgies ailleurs. Chaque fois, la puissance du nombre de caravaniers à s’y opposer avait fait reculer les politiciens.
Cette fois encore, le stratagème a fonctionné. À elle seule, la personne qui avait initié le projet de loi admettait avoir reçu plus de deux cents courriels. Au bureau du gouverneur John Baldacci, plusieurs centaines furent également enregistrés et ce, sans compter toutes les protestations qui furent acheminés aux autres membres de la législature.
Dans tout ce tollé, les caravaniers ne furent heureusement pas les seuls à manifester leur mécontentement. Ils purent compter sur le support de plusieurs propriétaires de pistes de course automobile.
Ne pouvant plus accueillir les caravaniers lors des week-ends de courses, ces derniers craignaient d’être obligés de fermer si la législation était adoptée. Soulignons que certaines pistes de courses tiennent près de 40 événements durant l’année et que, chaque fois, 50 à 100 VR profitent de leur hospitalité.
Inutile de dire que l’infâme projet de loi n’a pas été sanctionné. En fin de journée, mardi dernier, il a tout simplement pris le chemin des oubliettes. Toujours habiles à se tirer d’affaires, plusieurs politiciens ont admis qu’au départ, les impacts d’une telle restriction n’avaient peut-être pas été analysés dans leur ensemble. Ouais Ouais, on repassera !
La morale de cette histoire est que l’action directe des caravaniers constitue le meilleur rempart contre les abus qui assaillent notre loisir préféré. Puissions, nous Québécois, apprendre et appliquer cette leçon venue de nos voisins.

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