13 mai 2012
Village Royal
Cette semaine, j’aborde un sujet-réflexion qui risque de s’étaler sur un minimum de deux carnets. Il s’inspire d’une tendance émergente que l’on peut observer chez nos voisins du sud, mais qui est en voie de s’installer chez nous. J’ai nommé les campings où le caravanier achète un lot en copropriété.
En ce moment, j’écris mon carnet de Saint-Anicet, alors que nous sommes au beau milieu de la nuit (une mauvaise habitude commencée la semaine dernière, mais que j’espère être capable de corriger dans les plus brefs délais). Pourtant, jusqu’à vendredi dernier, dans mon esprit, Saint-Anicet se résumait à un nom de village, sans plus.
Je savais qu’il se situait dans l’extrême sud-ouest du Québec, presque à la frontière de l’Ontario et de l’État de New York, sur le bord de la voie maritime du Saint-Laurent que l’on nomme ici Lac Saint-François. Là s’arrêtaient mes connaissances géographiques de ce magnifique coin de mon pays.
Or, au même titre que le Géant du motorisé a fait connaître au monde des caravaniers le village de Saint-Ambroise, au nord-est de Chicoutimi, un avocat et promoteur immobilier, Alain Pageau, sa femme Lucie et son fils Maxime tentent de répéter le même exploit à Saint-Anicet. Pour ce faire, ils misent sur la construction d’un parc pour véhicules récréatifs de classe A de haut de gamme jouxté à un édifice comportant un peu moins de 50 condos avec salle de spectacle et restaurants. Le projet est on ne peut plus ambitieux.
La semaine dernière, j’ai donc été invité à venir visiter les lieux où l’aventure débutera. Lorsque j’en ai parlé à Michelle, sa première réaction fut de me dire candidement : « J’espère que je n’aurai pas un coup de foudre ». Elle se connaît la Mimi, en fait, elle nous connait bien.
Les Pageau ont acquis, il y a moins de deux ans un vaste domaine d’environ 130 hectares (±14 millions de pieds carrés) sur lesquels était érigé un ancien juvénat de la communauté des frères du Sacré-Coeur. Cette immense propriété donne directement sur le lac Saint-François.
Si la beauté des lieux a immédiatement séduit M. Pageau père, celui-ci mit à profit sa formation de juriste pour attaquer de front les innombrables obstacles administratifs pouvant entraver la réalisation de son rêve. S’engagea alors une ronde de tractations avec tous les partenaires concernés de près ou de loin : municipalité, des ministères du Québec, la Commission de protection du territoire agricole, le gouvernement fédéral, l’administration de la voie maritime du Saint-Laurent…
Pour les Pageau, il était essentiel d’aplanir les obstacles et d’obtenir tous les permis requis avant même qu’une pelletée de terre soit levée. Maintenant que toutes ces formalités sont réglées, le projet peut entrer dans une autre phase, celle de la vente des emplacements.
Comme cela se fait pour les grands projets immobiliers, les acheteurs potentiels peuvent venir au bureau de vente érigé sur les lieux et voir les maquettes, tableaux, plans d’aménagement des différents condos offerts. Dans les prochains jours, un emplacement témoin sera complété, sur lequel une autocaravane de classe A sera stationnée dans son environnement réel, sur dalle de béton avec tous les services : eau, égout, câble pour la télé, internet, entrée électrique minimale de 100 ampères, immense cabanon et même un spa extérieur en option. Un luxe et un confort qui n’aura rien à envier aux plus grands « resorts » étatsuniens.
Les propriétaires friands de navigation de plaisance pourront aussi acheter un emplacement au quai d’une marina donnant sur la voie maritime. Juste à côté, une section permettra d’amarrer le bateau des personnes venant visiter leurs amis.
Profitant du climat le plus doux du Québec, chaque emplacement du Village Royal disposera de services sanitaires accessibles en tout temps, ce qui plaira certainement aux caravaniers à plein temps qui aimeraient bien fêter la Noël avec les leurs et partir pour le Sud longtemps après les outardes.
N’allez surtout pas imaginer que je cherche à vous faire un « pitch de vente », loin de là . Comme plusieurs, Michelle et moi nous interrogeons constamment sur l’endroit où il ferait bon d’arrêter le moteur de notre VR et sur le style d’établissement nous servant de camp de base. En ce sens, la visite de ce week-end ne fait qu’aviver les questions que l’on se pose.
Comme vous le constatez, il y a là beaucoup de matière à réflexion, ce que je vais continuer avec vous la semaine prochaine. D’ici là , pourquoi ne pas partager votre propre opinion sur le sujet ?



