2012-04-Hautes Voltides Laurentides

30 juin 2011

Jour 10 – Parce que toute chose a une fin

Hey oui, c’est aujourd’hui la dernière journée. On se lève avec l’impression que c’est un beau voyage qui se termine mais avec aussi le sentiment que le confort de la maison sera très apprécié.

Puisque notre camping est tout près de l’arrêt d’autobus qui nous ramènera à St-Jean-Port-Joli, on prend le temps de se rendre sur le bord de la mer une dernière fois pour prendre notre petit déjeuner. Pour s’assurer de ne rien manquer, on prend quelques photos et une énorme bouffée d’air qui sent bon le varech. Cette odeur est à ce point caractéristique et presque réconfortante, probablement parce que je suis venue en Gaspésie pratiquement à chaque année depuis que je suis toute petite.

Une dizaine de minutes avant le départ, on se rend à l’autobus et on embarque nos vélos dans les espaces de rangement. On nous avertit qu’il n’y a pas de boîtes disponibles pour mettre nos vélos. Bien honnêtement, ça fait bien notre affaire parce que ça nous évite de démonter la roue avant et le guidon pour que ça y prenne place.

Et nous voici partis pour un 5 heures d’autobus. Avec tous ces arrêts, c’est pas mal long! On fait un arrêt à Matane pour débarquer quelques passagers mais aussi pour se faire dire que nous devons finalement placer nos vélos dans des boîtes et en plus défrayer le coût. On a beau argumenter que nous sommes complètement responsables de ce qu’il peut leur arriver, le chauffeur ne veut rien entendre. Tant pis pour lui, nous le faisons poireauter 15 minutes, le temps de démonter les bécanes.

C ‘est reparti pour un autre bout de route. On s’approche de plus en plus et on a vraiment hâte d’arriver parce que ce n’est pas facile de rester assis pendant 5 heures quand on vient de faire 10 jours de pédale.

Arrivés à St-jean-Port-Joli, on nous fait descendre devant une caisse populaire, à 3 kilomètres de notre voiture. On remonte les vélos pour rejoindre l’auberge qui «hébergeait» notre voiture. Après maints remerciements, on embarque le tout, un peu pêle-mêle et sans considération, dans le coffre de la voiture. On installe les vélos sur le support arrière et nous revoilà repartis pour un autre 5 heures de route pour retourner en ville.

La conclusion de ce voyage, c’était génial. La mer, la route, la nature, le vélo, ce sont tous les éléments d’une combinaison gagnante. Tant qu’on garde une attitude «zen» face aux difficultés en se disant que bien des choses sont hors de notre contrôle, on s’assure ainsi beaucoup de plaisir. Une chose importante de cette expérience, il faut apprécier les petits bonheurs qui nous sont offerts tout au long de la route.

Voilà une chose de plus à mettre dans ma liste des expériences de vie, des idées pour la prochaine?

Merci de m’avoir suivi tout au long de cette aventure. À la revoyure!

Odomètre de la journée : 7 km de vélo et 10 heures de route !

Odomètre total du voyage : 447 km

7 695 commentaires

26 juin 2011

Jour 9 – Pour une dernière fois…

On se réveille ce matin complètement frais et dispo. De plus, la pluie a cessé et le soleil essaie de percer les nuages. Ce sera certainement une belle journée. Après un excellent déjeuner et bien des remerciements à la famille, on repart pour notre dernière journée de pédalage. La fameuse falaise que nous avons montée la veille, et bien il faut maintenant la descendre! J’atteints une vitesse de 56,4 km/h! Et ça, c’est parce que j’ai mis les freins. Tu ne veux pas frapper un nid-de-poule à cette vitesse ! Arrivé très rapidement en bas de la côte, on tourne à droite et on reprend la route 132 pour pratiquement toute la journée. Direction de notre dernière destination, Ste-Anne-des-Monts.

Mais bon, avant de s’attarder à notre dernière journée, on va entreprendre une étape à la fois les quelques 70 kilomètres qui nous séparent de notre camping. On traverse plusieurs jolis villages aujourd’hui et on essaie de garder un petit souvenir de chacun car ils ont tous un certain charme. Une halte à Grosses Roches, un jus aux Méchins et une éolienne à Cap Chat. On dirait que la route se fait avec un brin de nostalgie en se disant que la dernière semaine a été une très belle expérience. On s’arrête tout de suite pour la nostalgie, le bilan du voyage, ce sera demain.

Vers 15h, on arrête dans un parc pour simplement se promener un peu. Sans vraiment y penser, on laisse nos vélos dans un coin et on part dans un sentier. On n’est certainement pas à Montréal pour laisser nos vélos sans cadenas plus de 15 minutes parce qu’à notre retour, rien n’a bougé d’un poil. Pendant cette promenade, une touche de folie me prend et je m’achète une crème glacée. Je dis folie parce que ca fait plusieurs jours qu’il fait frisquet et qu’un peu plus tard on va même voir de la neige sur les montagnes. Mais bon, faut bien profiter de ses vacances!

Rendu dans la ville de Ste-Anne-Des-Monts, on se rend au terminus des autobus Voyageur puisque ce sera notre façon de retourner à notre voiture qui se trouve à St-Jean-Port-Joli. Après la cueillette d’information, on s’offre à deux une délicieuse, soit un club sandwich au homard dans une roulotte près de l’église. Un in-con-tour-na-ble. Puis, on se rend à un camping trouvé à quelques kilomètres plus tôt. Pour une dernière fois, on monte notre tente et on s’endort au silence des vagues.

Odomètre : 71 km

3 119 commentaires

26 juin 2011

Jour 8 - Qui a parlé de pédaler ? Aujourd’hui, on rame !

Publié par epdefoy sous Non classé

Aujourd’hui a été le genre de journée où tu te demandes ce que tu fais dans cette galère et tu t’ennuies du confort de ta maison. Il fait un temps dégueulasse et on se demande si on va avoir le courage de mettre le nez en dehors de notre tente. Nos rôties mouillées deviennent de vulgaires tranches de pain au beurre d’arachides, le tout pendant qu’on évalue notre plan de match pour la journée.

On court vers les blocs sanitaires pour essayer de se sécher un peu et de s’équiper de notre matériel contre la pluie. Franchement, on est chic! On se fait à l’idée : tant qu’à devoir rouler sous la pluie, on va simplement continuer notre chemin comme si de rien n’était parce que de toute façon, on ne peut rien y faire. Par chance, on se rend chez mon oncle Gaétan pour la nuit, à Sainte-Félicité, quelques kilomètres après Matane. Mais dans ma tête j’ai souvenir d’une côte à monter pour se rendre au Rang 2 ! Puisque nous savons quel genre de confort nous attend pour la nuit, la pluie ne nous arrêtera pas.

Dommage que la température soit si moche car la route, d’autre part, est plutôt agréable. Pas trop montagneuse et se tortillant entre la terre et la mer, un brin de soleil aurait été des plus apprécié sur cette belle route.

Au mois de juin en Gaspésie, il ne fait pas toujours chaud chaud. On a tout compris du sens de « pas encore la canicule» aujourd’hui avec un maigre 17 degrés Celsius, un peu de vent et cette fameuse pluie froide. Sentant nos articulations se figer et le frisson qui nous traverse le dos, on se propose un arrêt chocolat chaud et café. Notre belle moustache de lait chaud est si réconfortante.

Après cette trop courte halte, je lâche un coup de fil à mon oncle qui nous attend pour le souper. Ça fait plusieurs années que je ne l’ai pas vu, mais le genre d’aventure comme celle que nous vivons est toujours un bon prétexte pour se faire accueillir les bras ouverts. Passé Matane, on arrive à Ste-Félicité et mes souvenirs du chemin pour se rendre chez lui s’avèrent exacts. Une côte, je devrais plutôt dire une falaise ! Pigeant ma dernière dose de volonté pour la journée, je monte cette côte à une vitesse de tortue. Debout sur mon vélo pour tenter de la conquérir, je finis tout simplement… la côte à pied ! Les bagages sur notre bicyclette rendent l’exercice trop ardu et on met donc notre orgueil de côté pour finalement se rendre à la petite maison en haut de la montagne… sous la flotte.

Journée pluvieuse, certes, mais tout de même agréable grâce à nos vêtements de pluie. La chaleur de la maison est pratiquement aussi réconfortante que le souper préparé pour nous est délicieux. Je sens que dans peu de temps je vais m’endormir au son du clapotis de la pluie qui m’a entrainé tout au long de cette journée.

Odomètre : 63 kilomètres

104 commentaires

24 juin 2011

Jour 7 – Un arrêt au paradis !

Le hamburger était cuit juste à point et, avouons-le, ça fait du bien parfois de manger au restaurant. C’est un petit luxe qu’on s’offre une fois de temps à autre, mais pas trop souvent, question de respecter notre budget. Le Capitaine Homard est un camping simple qui répondait à nos besoins. Nous avons même profité du soleil matinal pour faire une petite brassée de lavage. Le lavage à la main est efficace, mais une fois par semaine en vélo, on a besoin de faire le plein de vêtements propres. Un conseil, évitez le blanc pour faire une seule brassée !

On se donne ainsi une matinée de congé puisque notre distance à parcourir aujourd’hui est plus courte. Les campings sont un peu moins fréquents alors on n’ose pas toujours partir pour une longue distance sans vraiment savoir où nous rendre. En vélo, un 15 kilomètres de plus ou de moins fait toute une différence dans une journée. Nos guides de Ste-Flavie nous avaient informés qu’il y avait un camping à Métis-sur-Mer qui valait la peine de s’y arrêter. Alors sans hésitation, on a décidé d’en faire notre prochaine destination.

On se rend à pied à la petite épicerie du coin pour concocter un repas chaud digne de la maison : un bon couscous avec légumes et saucisses italiennes. Franchement, la gamelle tout en un est parfaite pour répondre à nos besoins. Petit poêlon, chaudron, 2ième chaudron et bol forme cette gamelle qui se glisse facilement dans les bagages et qui n’est pas trop lourde. Étant plutôt prévoyante côté nourriture, j’avais même prévu mon petit pot d’huile d’olive et de fines herbes pour cuisiner comme à la maison, ou presque !

Le vent du bord de la mer et le soleil ont fait le travail, les vêtements sont secs assez rapidement. Ça nous permet de quitter notre Capitaine après notre copieux repas et nous diriger vers Métis-sur-Mer. Sans trop forcer, on arrive aux Jardins de Métis et sans y avoir vraiment pensé, on décide de s’y arrêter et d’aller faire le tour d’une des grandes richesses de la Gaspésie, les jardins d’Elsie Reford.

J’ai déjà couvert les Jardins de Métis dans un article paru dans la revue Camping Caravaning au mois de juin 2010 lors d’un autre voyage en Gaspésie. À ma première de 5 visites, j’avais 6 ans ! Je ne m’en lasse jamais. Cette fois, j’ai visité les jardins avec un esprit de contemplation, voire de méditation.

Après cette halte inspirante, on enfourche à nouveau nos vélos pour quelques kilomètres seulement. On croise notre camping mais nous voici à la recherche d’un semblant d’épicerie. Finalement c’est en faisant quelques détours et allers-retours que notre souper sera fait d’un peu de tout, trouvé dans un dépanneur magasin général. Mais quand même pas du Kraft Dinner!

C’est autour d’un feu de camp que se terminera notre journée et au son du crépitement des dernières bûches que nous tomberons dan les bras de Morphée.

Odomètre : 27 km

1 664 commentaires

24 juin 2011

Jour 6 – Pieds nus dans l’aube

Un réveil plutôt humide sur le bord de la mer, mais bon, il faut s’habituer à ce genre de réveil matinal un peu collant en camping et près d’un plan d’eau. Puisqu’on est debout tôt, on profite du fait d’être dans un SEPAQ pour se promener dans les sentiers balisés. On se rend sur le bord d’un petit lac et l’image que nous avons devant les yeux est à couper le souffle : le lac est recouvert d’une brume épaisse avec un soleil qui tente de forcer quelques rayons à travers les nuages. Le tout entouré d’un silence envahissant, portant à la méditation. Wow!

C’est en retournant vers notre campement que nous rencontrons des voisins très sympathiques, quoique discrets, une maman chevreuil avec son petit. Ah que la nature est imprévisible.

On s’extasie devant la nature, mais il faut quand même penser à paqueter nos propres petits et enfourcher nos bécanes. Malgré les grosses côtes qui se trouvent derrière nous, nous savons qu’il nous reste encore quelques exercices de mollets avant de retourner sur le bord de la mer. Aujourd’hui on se rend à Ste-Flavie, un village à une cinquantaine de kilomètres de notre départ.

Nous croisons plusieurs gros camions sur la route, mais très peu de cyclistes. Il est encore tôt en saison et ce n’est pas tout le monde qui souhaite dormir en Gaspésie avec ses nuits assez fraîches. On profite donc de la belle journée pour faire plusieurs arrêts, voir même jusqu’à se payer une petite sieste dans une halte en après-midi. Franchement, c’est la belle vie!

Un des grands plaisirs du vélo-camping, c’est de pouvoir s’arrêter souvent dans des endroits où on ne l’aurait fait en voiture, tout simplement parce que nous avons amplement le temps de voir ce qui défile sous nos yeux. En vélo, nous roulons en moyenne à 25 km/h. Les fromageries, les fumoirs et les poissonneries sont des arrêts de prédilection pour combler nos repas, à un point tel que nous pourrions presque faire un registre de ces petits producteurs longeant la route 132.

Au terme de cette belle journée, on arrive à Ste-Flavie. Comme nous ne sommes pas trop certain de l’endroit où dormir, un arrêt dans une halte touristique pour de l’information est de mise. Les jeunes à l’accueil sont encore une fois très sympathiques et connaissent bien leur coin de pays. On nous conseille le camping du Capitaine Homard pour son prix modique et sa localisation. Il s’y trouve même un restaurant dans lequel on pourra déguster un hamburger et regarder les sports à la télévision. Un peu de dépaysement que nous apprécions beaucoup en citadins que nous sommes.

Finalement, aujourd’hui a été une agréable journée qui a permis de se réconcilier avec notre aventure puisque la veille avait été un peu décourageante au point de vue difficulté en vélo. La fin de ce périple est maintenant plus près et on veut profiter de nos dernières journées à 100%. Je regarde la mer ce soir et je me dis à quel point la Gaspésie est une région qui fait rêver. La faire en vélo est une expérience qui en vaut le coup.

À demain!

Odomètre : 52 km

3 239 commentaires

22 juin 2011

Jour 5 – Pluie, vaches et sèche-mains !

Quand je disais qu’il y avait plus de moutons que de gens sur l’Île-Verte, hé bien j’ai eu ma réponse ce matin lorsque le propriétaire klaxonnait devant les moutons qui tentaient de sortir de la cour. Malgré notre réveil matinal, tout était parfait, du confort du gîte aux œufs frais offerts par nos hôtes. Bref, notre passage sur l’île est tout simplement mémorable.

Après le traversier, c’est comme si on sortait d’une bulle. On reprend notre périple, comme à l’habitude sur le bord de la route, mais le corps bien reposé. Il y a une sorte de routine qui s’installe et on y prend goût. Le corps aussi s’habitue et les petits bobos du début ne se font plus trop sentir. Pourtant, comme un panneau qui clignote pour nous avertir, on sait que les côtes sont à l’horizon. Aujourd’hui, on se rend au Parc National du Bic, notre premier arrêt officiel dans la région de la Gaspésie.

Mais avant le Parc National, on a une grosse journée d’environ 70 km à pédaler. Depuis le début ce voyage semble tellement plaisant, voici le premier moment plate du voyage jusqu’à maintenant. La route 132 ne se trouve pas toujours directement sur le littoral de la mer : il lui arrive qu’elle doit passer à travers les champs. Moins vent, pas de chien, une marmotte écrasée, bref, c’est pas mal ennuyant ! Traverser des champs pendant plusieurs kilomètres sur un faux plat alors qu’il se met à pleuvoir, même les vaches ont l’air de trouver le temps long. Une chance que nous sommes créatifs, on se met à chanter, question de passer le temps.

Finalement, en haut d’une côte, on aperçoit une affiche brune qui indique le Bic, notre destination. Ça donne un peu de pep dans le jarret parce qu’on a hâte d’arriver : on est encore un peu humide et fatigué. En bas d’une des nombreuses collines, on arrive au Parc National pour apprendre qu’il nous reste encore 1,2 km à rouler avant d’atteindre notre site. Grosse journée au bureau.

Bon, c’était la première journée plus difficile, gracieuseté de la météo un tantinet maussade et le paysage moins «bord de mer». Point fort positif quand on paye un peu plus cher pour un Parc National - SEPAQ, les sèche-mains dans les toilettes deviennent très pratiques pour se réchauffer sous une grande serviette… et faire sécher nos bas!

Allez, dodo.

Odomètre : 80 km

730 commentaires

Suiv. »